Économie
Attac dénonce le « biberonnage » des multinationales aux aides publiques


Des militants d’Attac ont manifesté mardi devant le ministère de l’Économie à Paris pour protester contre les subventions accordées aux grandes entreprises. Ils réclament la suppression de ces aides pour les sociétés qui recourent à l’évasion fiscale.
Sous des fumigènes rouges et une banderole de 40 mètres déployée sur le toit de l’Accor Arena, les activistes ont affiché leur opposition aux milliards d’euros versés par l’État aux multinationales. Le slogan peint sur la toile proclamait « Des milliards pour les multinationales, Bercy beaucoup ». Sur le parvis, une dizaine de personnes, vêtues d’imperméables rouges, brandissaient des pancartes représentant les dirigeants de TotalÉnergies, STMicroelectronics ou Lactalis sous forme de bébés, une manière de symboliser un « biberonnage » aux fonds publics.
Un porte-parole de l’organisation a pris la parole pour dénoncer « le scandale des aides publiques » mis en lumière par un rapport sénatorial. Il a lancé des faux billets frappés du montant de 211 milliards d’euros, chiffre avancé par la commission d’enquête du Sénat pour l’année 2023. « Pas un euro d’aide publique pour les entreprises qui pratiquent l’évasion fiscale », a martelé Raphaël Pradeau, le porte-parole d’Attac, ajoutant que « 100% des entreprises du CAC 40 ont des filiales dans les paradis fiscaux ».
Cette action accompagnait la publication d’une note de l’association sur le versement de subventions aux multinationales qui contournent l’impôt. Attac inclut dans sa définition des paradis fiscaux des territoires comme la Suisse, le Luxembourg ou les Bermudes, pourtant absents de la liste noire de l’Union européenne. Un sondage Ifop publié le même jour révèle que 78% des personnes interrogées estiment que les entreprises utilisant les paradis fiscaux pour réduire leurs impôts ne devraient plus percevoir d’aides publiques.
Le rapport sénatorial du 8 juillet 2025 avait recensé 2 267 dispositifs d’aides publiques aux entreprises, pour un total estimé à 211 milliards d’euros en 2023. Les auteurs de l’enquête déploraient l’absence de centralisation des données par l’administration. Ce chiffre a souvent été utilisé par les organisations de gauche pour exiger une contribution accrue des entreprises au budget de l’État, tandis que les syndicats patronaux jugent le calcul excessif et confus.





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