Monde
Ali Khamenei, l’homme de fer de Téhéran


À la tête de l’Iran depuis plus de trois décennies, le Guide suprême incarne la ligne dure du régime face aux puissances occidentales. Sa figure domine la vie politique et religieuse du pays, tandis que sa succession demeure une question taboue.
L’ayatollah Ali Khamenei personnifie depuis 1989 les fondements idéologiques de la République islamique d’Iran et son opposition frontale aux États-Unis et à Israël. Son autorité s’exerce sans partage sur les affaires de l’État, des questions militaires aux orientations religieuses. À quatre-vingt-six ans, ce descendant du prophète Mahomet, reconnaissable à son turban noir et à sa barbe blanche, est le plus ancien chef d’État de la région.
Son parcours est indissociable de l’histoire récente de l’Iran. Militant contre la monarchie du chah, il fut emprisonné avant de devenir un proche de l’ayatollah Khomeini, fondateur de la République. Après avoir occupé la présidence durant la guerre contre l’Irak, il accéda au poste de Guide suprême. Son long règne a été émaillé de tensions internes, depuis les vastes mobilisations de 2009 jusqu’au mouvement de protestation déclenché en 2022 après la mort de Mahsa Amini. Le pouvoir attribue systématiquement ces troubles à des manœuvres étrangères, justifiant une répression régulièrement dénoncée par des instances internationales.
Issu d’une famille modeste de Machhad, Ali Khamenei a forgé son autorité en institutionnalisant la fonction de Guide, qui dispose aujourd’hui d’une administration parallèle extrêmement puissante. Il supervise les Gardiens de la révolution, dont l’influence s’étend au-delà des frontières nationales. Sa rhétorique est souvent belliqueuse, qualifiant Israël de « tumeur » et menaçant directement les forces américaines. Sur le plan intérieur, il a présidé à un isolement économique croissant du pays, malgré l’accord nucléaire de 2025.
Contrairement à l’image austère qu’il projette, l’homme cultive une passion pour les lettres. Grand lecteur de Victor Hugo, il est aussi traducteur et poète à ses heures. Sa vie personnelle reste discrète, menée dans une résidence sobre au cœur de Téhéran. La question de sa succession, souvent évoquée à propos de son fils Mojtaba, n’est jamais abordée officiellement, perpétuant le mystère autour de l’avenir du régime.





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