Politique
Albanie le projet Trump qui met le feu aux poudres
Depuis plus d’une semaine Tirana est secouée par des manifestations massives. En ligne de mire un complexe de luxe porté par la fille de Donald Trump dans…


Depuis plus d’une semaine Tirana est secouée par des manifestations massives. En ligne de mire un complexe de luxe porté par la fille de Donald Trump dans une zone naturelle protégée.
Depuis plus d’une semaine, des milliers d’Albanais défilent chaque soir dans les rues de Tirana. Leur colère vise un projet d’hôtel de luxe sur l’île de Sazan et dans la zone protégée de Zvernec. Ce complexe estimé à plus de quatre milliards d’euros est porté par Ivanka Trump et son mari Jared Kushner. Les manifestants scandent un slogan qui en dit long « L’Albanie n’est pas à vendre ».
Mais cette étincelle révèle un malaise bien plus profond. Le pays traverse une crise démographique massive. Depuis 2008, près d’un million d’Albanais ont obtenu un permis de séjour dans l’Union européenne. Beaucoup ont aussi rejoint les États-Unis ou le Canada. Ceux qui manifestent dans les villes européennes ne sont pas seulement nostalgiques. Ils ont souvent fui les mêmes problèmes que les manifestants de Tirana dénoncent aujourd’hui. Le coût de la vie explose, se loger devient impossible, les perspectives d’avenir s’amenuisent. À ces revendications économiques s’ajoutent des préoccupations environnementales. Le projet de Zvernec n’est qu’un exemple parmi d’autres, comme le nouvel aéroport de Vlora construit à côté d’une lagune protégée. Les manifestants demandent l’annulation du projet, la fin de la loi sur les investissements stratégiques et la démission du Premier ministre. Un déferlement de fausses informations a aussi circulé, certains affirmant que l’Albanie allait donner une partie de sa terre à Israël ou que la Grèce était derrière le mouvement.
Face à cette mobilisation, le Premier ministre Edi Rama a choisi la moquerie. Il publie des vidéos générées par intelligence artificielle où il se moque des défenseurs de l’environnement. Il arbore même un T-shirt avec un flamant rose, symbole du mouvement. Pourtant, la justice a dû se saisir du dossier. Le parquet anticorruption enquête sur l’origine des fonds ayant servi à acheter les terrains. L’Europe aussi surveille le dossier. Bruxelles a rappelé que ce projet pourrait ralentir la candidature albanaise à l’Union européenne. La Commission exige une étude d’impact environnemental complète et l’abrogation des lois qui ont permis ces constructions. L’Albanie doit s’aligner sur la législation européenne si elle veut entrer dans l’UE d’ici 2030 comme promis par Rama.
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