Société
L’Assurance maladie relance son slogan culte contre le mauvais usage des antibiotiques
Plus de vingt ans après « les antibiotiques, c’est pas automatique », l’Assurance maladie repart en campagne à l’entrée de l’hiver pour remettre les…

Plus de vingt ans après « les antibiotiques, c’est pas automatique », l’Assurance maladie repart en campagne à l’entrée de l’hiver pour remettre les pendules à l’heure. La France reste le deuxième pays européen le plus consommateur et les idées fausses ont la vie dure.
La formule avait marqué toute une génération. L’Assurance maladie la ressort vendredi, à l’approche de la saison froide, avec une campagne qui dépoussière son slogan de 2002. Le message n’a pas pris une ride. Il s’agit d’ancrer les bons réflexes chez les plus jeunes tout en réactivant le souvenir de ceux qui connaissent déjà la chanson.
Le problème reste tenace. La France occupe la deuxième place des pays européens les plus gros consommateurs d’antibiotiques. Les prescriptions en ville sont reparties à la hausse en 2024, avec 4,8 % de plus sur un an, alors que l’objectif affiché visait une baisse d’au moins 25 % entre 2019 et 2025. Un léger mieux pointe toutefois en 2025. La part des Français ayant reçu au moins une ordonnance d’antibiotiques est passée de 41 % à 38 % en un an.
Les habitudes, elles, ont la peau dure. Une enquête menée du 3 au 14 septembre auprès de 1 000 adultes révèle de solides confusions. Près d’une personne interrogée sur deux pense que les antibiotiques soignent la grippe, et quatre sur dix les croient efficaces contre le rhume. Or ces médicaments n’ont aucune prise sur les virus et peuvent provoquer des effets indésirables. Autre dérive, 18 % des sondés avalent des antibiotiques qu’ils ont chez eux sans passer par un médecin, et 11 % en donnent à un proche.
Les bons gestes, eux, ne changent pas. On ne prend des antibiotiques que sur ordonnance, on respecte la dose et la durée prescrites, on jette les restes et on ne partage jamais son traitement. Car un usage à mauvais escient nourrit l’antibiorésistance, cette « pandémie silencieuse » classée parmi les grandes menaces par l’OMS. Le mécanisme est simple, comme l’explique le Dr Marie-Anne Bouldouyre, des centres régionaux en antibiothérapie. Un antibiotique tue les bactéries sensibles et laisse survivre les résistantes, qui prennent alors le dessus et perturbent le microbiote.
Chacun peut héberger une bactérie résistante, quel que soit son âge ou son état de santé, et la transmettre à ses proches, avertit le Dr Catherine Grenier, médecin-conseil de l’Assurance maladie. Les infections frappent plus durement les personnes fragiles. Et les dégâts dépassent largement le cadre des angines. « Si on ne peut plus traiter la moindre infection, on ne peut plus faire de chirurgie lourde, de chimiothérapie, de transplantation », souligne le Dr Bouldouyre. En France, entre 5 500 et 12 500 personnes meurent chaque année des suites de bactéries résistantes.
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