Nous rejoindre sur les réseaux

Europe

En Grèce, la rue réclame une école qui tienne debout

Des milliers de lycéens, d’étudiants et d’enseignants ont défilé dans les villes grecques pour exiger plus de moyens. Leur colère fait écho aux…

Article

le

En Grèce, lycéens et profs réclament une école qui tient debout

Mis à jour le 5 novembre à 13h21

Des milliers de lycéens, d’étudiants et d’enseignants ont défilé dans les villes grecques pour exiger plus de moyens. Leur colère fait écho aux mobilisations françaises et à la crise du pouvoir d’achat qui gagne tout le continent.

Ils étaient environ 4 000 à marcher dans Athènes et Thessalonique. Lycéens, étudiants, enseignants, tous rassemblés derrière une même banderole qui proclame la solidarité des combats grecs et français pour une école publique et gratuite. À Athènes, le cortège est parti de l’Université avant de rejoindre l’esplanade de Syntagma, face au Parlement, dans le calme.

Ce qui remonte des rues, c’est d’abord un ras-le-bol des conditions d’étude. Filanthi Gioni, étudiante en ingénierie et représentante élue, pointe les priorités budgétaires du pays. « Les problèmes sont les mêmes » de part et d’autre des Alpes, estime-t-elle, avant de tacler des dépenses militaires qui, selon elle, prennent le pas sur l’école. À Thessalonique, Nikos Alexiadis, 22 ans, étudiant en mathématiques, résume les attentes de sa génération. Plus de financements, des bâtiments modernisés, et un soutien financier pour ceux que les loyers exorbitants écrasent.

Les professeurs n’ont pas laissé leurs élèves seuls. La fédération des enseignants du secondaire a posé un arrêt de travail de quatre heures pour leur permettre de grossir les rangs. Dans son communiqué, elle dit sa solidarité avec une jeunesse qui revendique le droit à une éducation publique et gratuite, à des études et à une vie à la hauteur de ses aspirations. Le quotidien du métier, lui, reste lourd. Des locaux délabrés, des effectifs insuffisants, des infrastructures à la traîne.

Les chiffres donnent du poids à la colère. En 2023, la Grèce a consacré 3,3 % de son PIB à l’éducation, l’une des parts les plus faibles de l’Union européenne, très loin des 4,7 % de moyenne. Ajoutez des salaires qui restent bas et une vie qui coûte cher, et la protestation déborde largement le cadre scolaire.

Le parallèle avec la France s’impose dans les esprits. Le même jour, salariés et fonctionnaires français étaient appelés à la grève pour leurs salaires, aux côtés des jeunes et des retraités. Une première mobilisation grecque, le 21 octobre, avait déjà rassemblé plus de 10 000 personnes à Athènes et Thessalonique. Le pays sait ce que coûte une crise qui dure, lui qui a traversé une décennie de tourmente financière. On y souligne volontiers qu’un citoyen qui ne se sent plus entendu dans les urnes finit par descendre dans la rue, surtout lorsqu’il a le sentiment d’être abandonné par l’État. Fin novembre, des syndicats et des associations de défense du logement de sept pays européens, Grèce comprise, appellent d’ailleurs à des manifestations coordonnées contre la vie chère. Un front commun encore rare.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus