Monde
Municipales en Afrique du Sud, l’ANC face au verdict du quotidien
Plus de 29 millions d’électeurs sont appelés aux urnes ce mercredi pour des municipales qui bouclent le cycle électoral avant le grand rendez-vous…

Plus de 29 millions d’électeurs sont appelés aux urnes ce mercredi pour des municipales qui bouclent le cycle électoral avant le grand rendez-vous national de 2029. Entre réseaux d’eau à l’abandon, coupures d’électricité et chômage massif, la campagne s’est jouée sur ce que les gens vivent, pas sur les étiquettes.
Les bureaux de vote ouvrent ce mercredi en Afrique du Sud pour des élections locales qui ferment la séquence électorale avant les générales de 2029. Plus de 29 millions de personnes figurent sur les listes électorales. Elles ne devraient être que la moitié à faire réellement le déplacement, un désintérêt que les états-majors redoutent autant que la sanction des urnes.
Au pouvoir depuis 2018, l’ANC attaque ce scrutin en position fragile. Le parti de Nelson Mandela a glissé sous la barre des 50 % aux municipales de 2021, à 45,5 %, avant de tomber à 40 % aux générales de mai 2024. Certaines enquêtes d’opinion le placent aujourd’hui tout près de 30 %. Sa place de première formation du pays ne paraît pas menacée pour autant, tant le paysage politique s’est émietté et aucune offre concurrente ne capte vraiment le mécontentement.
Le résultat se jouera moins sur les appartenances partisanes que sur le quotidien. L’analyste politique Kingsley Makhubela insiste sur ces problèmes de tous les jours que sont l’eau, l’électricité, les routes et l’assainissement. Des infrastructures à bout de souffle, des inégalités intactes et un chômage qui dépasse 30 % ont écrasé la campagne. Cyril Ramaphosa l’a admis samedi à Polokwane, en se targuant d’être le seul à reconnaître ses ratés. « Il y a des choses qu’on aurait dû mieux faire, plus vite », a-t-il lancé devant ses partisans.
Faute de majorité absolue, les coalitions devraient encore proliférer. Plus d’un tiers des municipalités fonctionnent déjà de cette façon, parfois de bric et de broc, avec des maires qui survivent sans majorité solide. Pretoria et Johannesburg devraient basculer dans ce cas de figure. Dans la capitale économique, Helen Zille, figure clivante de l’Alliance démocratique devenue partenaire de l’ANC au gouvernement, espère décrocher le fauteuil de première magistrate blanche de la ville depuis la fin de l’apartheid. Le Cap devrait rester dans l’escarcelle de la DA, et Durban dans celle du MKP de l’ancien président Jacob Zuma.
Durban demeure justement le point chaud du pays. Cette grande ville de la côte est, dans le KwaZulu-Natal majoritairement zoulou, a été l’épicentre des manifestations antimigrants qui secouent l’Afrique du Sud depuis des mois. Un ressortissant étranger y a été lynché fin octobre. Quelque 550 militaires ont été déployés dans la province pour tenter de calmer le jeu.
Les résultats définitifs sont attendus dimanche. Ils donneront une idée des rapports de force à trois ans des générales et pèseront sur le congrès de l’ANC de décembre 2027, qui doit désigner le prochain président du parti, traditionnellement son candidat à la présidence du pays. Cyril Ramaphosa, qui ne peut pas briguer un troisième mandat après en avoir bouclé deux, une limite qu’aucun chef d’État sud-africain n’avait franchie jusqu’ici, s’est fortement impliqué dans la bataille. Son visage affable reste le plus populaire du pays selon les enquêtes récentes, et il s’affiche sur les posters du parti à Johannesburg et ailleurs.
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