Monde
Washington et Téhéran desserrent la pression avant un scrutin décisif
Après des menaces très dures, Donald Trump évoque désormais un accord possible avec l’Iran. Téhéran propose de rouvrir plus vite le détroit d’Ormuz, mais…

Après des menaces très dures, Donald Trump évoque désormais un accord possible avec l’Iran. Téhéran propose de rouvrir plus vite le détroit d’Ormuz, mais pose toujours des conditions lourdes.
Donald Trump a changé de ton. Le président américain laisse entendre qu’un accord avec l’Iran « pourrait arriver » et relie cette possibilité à la dégringolade des cours du pétrole. Pour lui, les marchés sentent qu’une guerre n’aura pas lieu. Il affirme aussi que Téhéran veut un accord « aussi vite que possible ». Ce discours tranche avec ses avertissements précédents, où il évoquait un coup très lourd et disait vouloir achever le travail sur un ou deux sites nucléaires iraniens.
Son vice-président JD Vance assure que l’exécutif américain se montre « plutôt optimiste » sur une sortie négociée, sans fixer de calendrier. Les positions restent pourtant très éloignées. Téhéran parle de consultations « intenses » pour éviter une reprise des combats. Ce climat a suffi à faire reculer les cours du pétrole.
La République islamique se dit prête à rouvrir le détroit d’Ormuz en deux jours, au lieu des sept jours prévus dans une première proposition. Donald Trump avait rejeté cette première offre tout en laissant la porte ouverte à des discussions indirectes. Elle maintient toutefois ses exigences. Elle réclame un cessez-le-feu sur tous les fronts régionaux, le dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, la levée des sanctions qui frappent son pétrole et la fin du blocus naval américain contre ses ports. S’y ajoute l’acceptation d’un nouvel itinéraire négocié avec Oman pour le transit maritime.
Les échanges passent par une médiation qatarie, avec un rôle actif du Pakistan. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi parle de consultations très intenses vu la gravité de la situation. Signe d’une volonté d’avancer, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a conféré certains pouvoirs au gouvernement du président Massoud Pezeshkian. L’objectif affiché est d’éviter une répétition des quarante jours de bombardements intenses déjà traversés et de relancer les négociations dans un conflit qui pèse sur l’économie mondiale.
Les marchés ont réagi immédiatement. Le Brent, référence internationale, a perdu 7,64 % pour tomber à 104,77 dollars, alors qu’il évoluait autour de 70 dollars avant le conflit. Ce reflux traduit un espoir de désescalade, pas encore une garantie.
Le conflit a été déclenché par des frappes israélo-américaines contre l’Iran. Depuis, Téhéran verrouille le détroit d’Ormuz et vise régulièrement des navires qui tentent de passer sans son accord. Un bateau a encore été touché par un projectile inconnu à l’embouchure du détroit, ce qui rappelle la fragilité de la situation.
Une accalmie militaire est observée depuis un moment, mais Washington et Israël ont durci leurs menaces, sur fond d’élections de mi-mandat difficiles pour Donald Trump et d’incertitudes après le scrutin en Israël. Donald Trump s’est entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ce dernier pousse vers une offensive, mais le président américain préfère, pour l’instant, laisser les négociations avancer. Interrogé sur une reprise des frappes une fois le scrutin passé, il a répondu « Non ».
Reste une lecture politique. La guerre est impopulaire aux États-Unis, surtout à cause de la flambée des prix des carburants. Pour Trump, suggérer qu’une fin du conflit est possible présente donc un intérêt électoral. Les signaux diplomatiques peuvent aussi être tactiques à l’approche du vote.
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