Europe
Vos colis importés coûtent désormais deux euros de plus
Depuis dimanche, tout envoi acheté en ligne hors Union européenne supporte des frais de traitement de 2 euros, qui s’ajoutent à la taxe déjà en place…

Depuis dimanche, tout envoi acheté en ligne hors Union européenne supporte des frais de traitement de 2 euros, qui s’ajoutent à la taxe déjà en place depuis juillet. Objectif affiché, financer des contrôles douaniers face à un flux de marchandises chinoises qui a quadruplé en trois ans.
Les achats sur internet s’apprêtent à vivre leur pic de fin d’année, entre Black Friday et préparation de Noël. Et cette fois, la note sera un peu plus salée pour les produits venus de l’extérieur de l’Europe. Depuis le 1er novembre, chaque envoi importé dans l’Union européenne dans le cadre d’une vente à distance supporte des frais de traitement de 2 euros, peu importe la valeur de la commande. Cette somme s’empile sur la taxe de 3 euros appliquée depuis juillet aux colis de moins de 150 euros.
Le mode de calcul surprend. Les frais ne sont pas comptés par paquet, mais par catégorie d’articles qu’il contient. Un carton rempli de vingt casquettes reste donc à 2 euros. Le même carton avec trois casquettes, quatre tee-shirts et deux ceintures grimpe à 6 euros. Cette logique découle de la déclaration en douane, où chaque famille de produits est enregistrée séparément. Ce sont les plateformes, les vendeurs ou leurs intermédiaires qui doivent régler la somme. Elles peuvent la répercuter sur le client au moment du paiement, mais pas la réclamer après coup, comme l’a rappelé le Bureau européen des unions de consommateurs.
Derrière cette mesure, un constat sans détour. Près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l’UE en 2025, plus de 180 chaque seconde, soit quatre fois plus qu’en 2022. Et 93 % de ces envois provenaient de Chine, souvent via Shein, Temu ou Aliexpress. À ce rythme, aucun service douanier ne peut tout vérifier. Résultat, des produits dangereux ou contrefaits passent entre les mailles. Les industriels et les commerçants européens dénonçaient depuis longtemps cette concurrence déloyale, et plusieurs pays, la France en tête, ont poussé Bruxelles à réagir.
Les premiers effets de la taxe de 3 euros donnent déjà un signal. Depuis juillet, les flux de petits colis ont chuté d’environ 64 %. Bruxelles tempère toutefois et juge qu’il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions. Les frais de 2 euros, eux, s’inscrivent dans une refonte en profondeur du système douanier des Vingt-Sept et sont prévus pour durer. Leur montant sera réexaminé tous les deux ans, en fonction du coût réel des vérifications.
Le paysage doit encore bouger. À partir du 1er juillet 2028, des frais réduits s’appliqueront aux colis transitant par des entrepôts spécialisés. Les pays qui avaient instauré leurs propres redevances nationales ont dû y renoncer, au nom de l’harmonisation du marché européen. La taxe de 3 euros disparaîtra à la même date. Les petits colis seront alors alignés sur les autres envois, soumis aux droits de douane européens.
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