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Flavio Bolsonaro met les voiles vers les États-Unis sans reconnaître sa défaite

Battu au second tour, le sénateur brésilien n’a toujours pas admis sa défaite et a pris la direction des États-Unis, où Washington s’engage à lui ouvrir…

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Flavio Bolsonaro met les voiles vers les États-Unis sans reconnaître sa défaite

Battu au second tour, le sénateur brésilien n’a toujours pas admis sa défaite et a pris la direction des États-Unis, où Washington s’engage à lui ouvrir la porte. Un départ qui laisse son propre camp sans explication.

Flavio Bolsonaro, 45 ans, a rallié le sol américain dans la soirée de mardi, selon des informations convergentes fondées sur des sources anonymes proches du dossier. Le lieu précis de son arrivée n’a pas filtré. Le sénateur conservateur, défait dimanche au second tour par Luiz Inacio Lula da Silva, n’a toujours pas reconnu sa défaite, alors que le président sortant de gauche a été réélu à la surprise générale avec 52% des voix.

La veille, il avait pourtant promis de se conformer à l’injonction d’un juge lui réclamant ses passeports. Il ne l’a pas fait. Mardi, ses documents de voyage ont été invalidés, y compris le passeport diplomatique attaché à son mandat parlementaire. Une porte de sortie lui restait ouverte puisqu’il détient la nationalité italienne depuis 2023. Et côté américain, l’administration de Donald Trump a annoncé qu’elle lui accorderait un visa, à lui comme à sa famille, avec le droit d’entrer sur le territoire.

Car le sénateur cumule les ennuis judiciaires. Une enquête porte sur des soupçons de corruption et de blanchiment d’argent autour du financement d’un film consacré à son père, Jair Bolsonaro, aujourd’hui assigné à résidence pour tentative de coup d’État. L’intéressé rejette toute irrégularité. À Brasilia, Lula n’a pas mâché ses mots pendant la célébration de ses 81 ans. Il a jugé qu’un départ vers les États-Unis serait « honteux », avant de lancer que le Brésil est « sa seconde patrie » et que « la première, c’est de lécher les bottes des États-Unis ». Il a toutefois précisé n’avoir « pas d’informations précises » sur le dossier.

Le terrain américain n’a rien d’inconnu chez les Bolsonaro. Eduardo, frère de Flavio et ancien député, vit aux États-Unis et échange avec l’entourage de Donald Trump. La semaine dernière, sur un podcast américain, il s’était dit favorable à un départ de son frère en cas de défaite, invoquant les enquêtes en cours. Donald Trump ne l’a pas soutenu ouvertement durant la campagne, mais il l’avait reçu à la Maison Blanche en mai. Lundi, le président américain a dénoncé, sans apporter le moindre élément, des élections « truquées » au Brésil, au moment où les félicitations à Lula affluaient du monde entier.

Le revirement est net. La veille encore, Flavio Bolsonaro assurait n’avoir « jamais pensé à quitter le pays » et promettait de conduire l’opposition face à Lula, dont son parti a fini par reconnaître la victoire. Au soir de sa défaite, il réclamait l’annulation du scrutin pour de supposées irrégularités. Dans son propre camp, la stupeur domine. « Nous avons été surpris et nous ne savons toujours pas où il se trouve », rapporte le sénateur Rogerio Marinho, qui coordonnait sa campagne, avant d’ajouter qu’il comprendrait un départ « avec sa famille ». Mardi, un juge de la Cour suprême a par ailleurs ordonné une enquête sur un éventuel financement étranger de la campagne bolsonariste, en évoquant aussi des « manipulations » sur les réseaux sociaux impliquant Meta. Pendant l’entre-deux-tours, Lula avait accusé le groupe propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp d’avoir bridé la circulation de ses contenus. Meta a nié tout parti pris, tout en admettant des « problèmes techniques » ayant pénalisé la campagne en ligne de la gauche.

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