Faits Divers
Huit ans de prison pour la trentenaire qui avait entraîné tout un clan de Roubaix en Syrie
Radia Selma Tahar Aouidate a été condamnée vendredi à huit ans de détention pour association de malfaiteurs terroriste. La cour d’assises de Paris a tenu…


Radia Selma Tahar Aouidate a été condamnée vendredi à huit ans de détention pour association de malfaiteurs terroriste. La cour d’assises de Paris a tenu à juger une femme, et non la famille de plus de vingt personnes qui avait rejoint les rangs de Daech en 2014.
À l’énoncé de la sentence, la jeune femme n’a pas cillé. Un simple hochement de tête, comme pour dire qu’elle avait saisi le raisonnement des juges. Radia Selma Tahar Aouidate, 33 ans, franco-algérienne, écope de huit ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste. Le parquet avait réclamé neuf ans. Elle a déjà passé cinq ans et demi derrière les barreaux en France.
Son histoire démarre à Roubaix. Cadette d’une fratrie de neuf filles et un garçon, elle est la première à prendre la route de la Syrie, en mai 2014. Six de ses sœurs suivent, avec leurs maris. Puis les parents. Entre mai et septembre de la même année, plus de vingt personnes quittent le Nord pour la zone tenue par l’État islamique. Derrière ces départs, une figure écrase tout, le frère Fodil, condamné à mort en Irak, une peine transformée en perpétuité. Violent, radicalisé, il tenait ses sœurs sous son emprise. Des amies de lycée se souviennent d’une adolescente joyeuse, solaire, qui bascule à la fin de la terminale, enfile le voile intégral et se met à parler de jihad.
Sur place, elle donne naissance à deux enfants, nés d’un combattant tunisien de haut rang de l’EI. Jusqu’en 2016 ou 2017, elle mène une existence plutôt confortable dans la Syrie de Daech. Vient ensuite le repli vers le sud, la déroute de l’organisation, sa chute en 2019. La trentenaire est alors enfermée dans un camp kurde, puis en Turquie, avant d’être expulsée vers la France en juillet 2021. Elle est la seule de la famille à être revenue, avec une nièce. Les autres sont morts ou emprisonnés, la plupart en Syrie.
Devant la cour, elle a reconnu son adhésion au jihad et raconté avoir vu les combattants de l’EI comme des héros. Elle a aussi déroulé son enfance sous la coupe de ce frère tout-puissant. Ses premiers doutes seraient apparus en 2015, après la vidéo d’un pilote jordanien brûlé vif et les attentats commis en France la même année. L’avocat général a résumé la mécanique familiale d’une phrase, celle d’un poison idéologique entré dans la famille et bu jusqu’à la lie. La cour a retenu l’extrême gravité des faits et le fait qu’elle soit partie en toute connaissance de cause. Elle a refusé pourtant de la voir comme une jusqu’au-boutiste de l’EI, situant la fin de son engagement idéologique en 2017 et relevant qu’aucune certitude n’existe sur la suite.
Ses avocats, Me Joseph Hazan et Me Camille Le Gall, ont salué un jugement qui distingue la personne du clan. Le premier a mis en avant le travail accompli en détention et un parcours personnel de désengagement. Le second a retenu qu’elle avait été traitée comme un individu à part entière, sans avoir à porter le poids de toute l’œuvre familiale. La cour a pris en compte ce contexte, notant un chemin positif et la possibilité d’une sortie de détention assez rapide. « Vous avez toute votre place dans notre société dans un avenir relativement proche », lui a lancé le président avant de lever l’audience. Plus tôt dans la matinée, elle s’était dite contente du déroulé du procès et reconnaissante de ne pas s’être sentie attaquée, d’une voix douce, très loin du débit mitraillette qui avait été le sien pendant les débats.
À lire aussi





PolitiqueEn Ligne 7 joursLes députés rejettent le budget 2027, Lecornu face à un casse-tête



Faits DiversEn Ligne 4 joursMimi Marchand jette l’éponge en pleine audience, Karine Le Marchand vide son sac



EuropeEn Ligne 6 joursTrump réclame un nouveau président en Ukraine et Zelensky dénonce un écran de fumée



SociétéEn Ligne 2 joursLa 2CV revient en version électrique et divise ses fidèles



SociétéEn Ligne 6 joursLa mobilisation lycéenne ne lâche rien et prépare une journée à haut risque



PolitiqueEn Ligne 6 joursÀ Gergovie, Mélenchon va chercher dans l’Histoire de quoi nourrir sa campagne



PolitiqueEn Ligne 6 joursPrimaire à gauche, cinq prétendants et un scrutin bousculé par une cyberattaque



PolitiqueEn Ligne 6 joursAttal et Mélenchon se disputent les jeunes électeurs








