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Aux États-Unis, la flambée des prix douche les espoirs de Donald Trump

L’inflation a de nouveau accéléré en septembre aux États-Unis, portée par l’énergie. À quelques jours des élections de mi-mandat, cette poussée rebat les…

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Aux États-Unis, la flambée des prix douche les espoirs de Donald Trump

L’inflation a de nouveau accéléré en septembre aux États-Unis, portée par l’énergie. À quelques jours des élections de mi-mandat, cette poussée rebat les cartes politiques et complique le dossier monétaire.

Le chiffre tombe au pire moment pour la Maison-Blanche. En septembre, la hausse des prix s’est une nouvelle fois accélérée outre-Atlantique, entraînée par l’énergie. Or le coût de la vie reste la préoccupation numéro un des électeurs américains, et la pompe à essence cristallise à elle seule toutes les tensions.

Les données officielles du ministère du Travail sont sans ambiguïté. L’indice des prix à la consommation a progressé de 3,7% sur un an le mois dernier, au-delà des 3,6% attendus et nettement plus que les 3,4% d’août. Le carburant explique une bonne partie de cette accélération. Depuis le début du conflit déclenché fin février autour de l’Iran, Téhéran a bloqué le détroit d’Ormuz, une artère vitale pour les livraisons de pétrole et de gaz. Résultat, les prix moyens à la pompe ont bondi de plus de 45% pour grimper à 4,33 dollars le gallon. Le diesel a suivi une pente encore plus raide, avec une envolée de 67,7% qui renchérit le transport des marchandises.

Le calendrier n’arrange rien. Le 3 novembre, les Américains votent pour les élections de mi-mandat, et le parti républicain de Donald Trump risque d’y perdre le contrôle du Congrès. «La guerre en Iran a entraîné une hausse du carburant qui touche tout le monde», pointe James Knightley, économiste chez ING.

La Réserve fédérale se retrouve elle aussi sous tension avant sa réunion des 27 et 28 octobre. Ce rapport rend plus probable une deuxième hausse consécutive des taux d’intérêt, à rebours de ce que souhaite le président. Les traders évaluent à 37,1% la probabilité d’un relèvement de 25 points de base, contre environ 22% la veille, d’après l’outil FedWatch du CME Group.

James Knightley n’écarte pas pour autant une approche plus mesurée. Il rappelle que les responsables de la Fed John Williams, Philip Jefferson et Christopher Waller ont laissé entendre qu’il n’était pas nécessaire de multiplier les hausses consécutives, privilégiant un rythme «lent et régulier». Il s’attend à ce que l’institution fasse preuve de prudence et de circonspection dans le resserrement de sa politique.

Sur les marchés, la réaction a été immédiate. Le rendement des bons du Trésor à dix ans, qui sert de repère pour les prêts immobiliers et automobiles, est passé de 5,2% à 5,3% avant de refluer. Le mécanisme est connu. Quand les prix s’envolent, les prêteurs réclament une meilleure rémunération pour éviter que leurs gains futurs ne soient rongés par l’inflation.

L’inflation sous-jacente, qui met de côté l’alimentation et l’énergie, s’est elle aussi accélérée, à 2,6% sur un an contre 2,4% un mois plus tôt. Le phénomène commence à gagner d’autres secteurs, prévient Heather Long, économiste en chef à la Navy Federal Credit Union. Les billets d’avion, les voitures d’occasion et les loisirs ont tous connu de fortes hausses de prix. «Les Américains voient leurs salaires entièrement grignotés par l’inflation. C’est le cas depuis six mois maintenant», relève-t-elle.

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