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Le commerce mondial ne retrouvera pas son visage d’avant

Les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, combinés aux droits de douane américains, transforment en profondeur les routes commerciales de la planète. La…

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Le commerce mondial ne retrouvera pas son visage d'avant

Les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, combinés aux droits de douane américains, transforment en profondeur les routes commerciales de la planète. La patronne de l’OMC prévient que certaines solutions de contournement sont bien parties pour rester.

La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran depuis la fin février a fait chuter brutalement les échanges dans la région. L’Organisation mondiale du commerce anticipe un recul de 17% des exportations moyen-orientales cette année, et une baisse d’environ 15% des importations. Un coup dur qui ne se résorbera pas en quelques mois, prévient sa directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala.

Le détroit d’Ormuz servait de repère à tout le monde, puisqu’il concentre en temps normal un cinquième du trafic maritime mondial d’hydrocarbures. Au début du conflit, les spécialistes imaginaient un retour à la normale dès la fin des hostilités et la réouverture du passage. La réalité s’est montrée plus coriace. La guerre s’est étirée, et avec elle l’idée qu’il faut cesser de dépendre d’un seul point de passage.

Selon Ngozi Okonjo-Iweala, le monde doit désormais réfléchir à ces goulets d’étranglement qui peuvent bloquer les flux. Certains itinéraires alternatifs mis en place vont perdurer, car les États comme les entreprises veulent se protéger contre toute éventualité. Elle s’attend même à ce que cette diversification s’accélère, les échanges se réorientant vers d’autres pays.

À cela s’ajoute un autre facteur de tension, la multiplication des droits de douane instaurés par Donald Trump depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. La patronne de l’OMC n’a aucun doute sur le fait que les chaînes d’approvisionnement ont été redistribuées. Les dirigeants d’entreprise ont rivalisé d’ingéniosité pour tracer de nouvelles voies, avec un inconvénient de taille. Ces solutions coûtent plus cher.

Sur le continent africain, elle voit un vrai levier de croissance. Les échanges entre pays africains pèsent aujourd’hui autour de 20% du commerce africain, loin des 60% que représentent les échanges internes à l’Union européenne. Les échanges entre Africains peuvent véritablement créer de la valeur et générer des emplois, insiste-t-elle.

Dernier élément, l’OMC a relevé ses projections pour le commerce mondial de marchandises. La croissance attendue pour 2026 atteint 3,9%, contre 1,9% estimé en mars. La demande de produits liés à l’intelligence artificielle compense les perturbations venues du Moyen-Orient. Mais l’avenir reste incertain, entre conflits en cours, barrières douanières et crainte d’un essoufflement de l’IA. L’impact de l’IA masque les autres tendances du commerce, qui ne sont pas positives, prévient Ngozi Okonjo-Iweala.

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