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Trump dit non aux caméras pour l’exécution du tireur de Fort Hood

Le président américain a décidé de ne pas retransmettre en direct l’exécution de Nidal Hasan, prévue le 3 décembre. Un recul qui désavoue son ministre de…

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Trump dit non aux caméras pour l'exécution du tireur de Fort Hood

Le président américain a décidé de ne pas retransmettre en direct l’exécution de Nidal Hasan, prévue le 3 décembre. Un recul qui désavoue son ministre de la Défense et apaise un tollé venu de tous les bords.

Donald Trump a changé d’avis. L’exécution de Nidal Hasan, programmée pour le 3 décembre sur la base militaire de Fort Hood, au Texas, ne sera finalement pas diffusée en direct. Le président l’a annoncé sur sa propre plateforme, Truth Social, en confirmant que la sentence serait bien appliquée mais que le public n’y aurait pas accès. L’homme de 56 ans doit être fusillé pour avoir tué 13 personnes, dont 12 militaires, et en avoir blessé plus de trente autres le 5 novembre 2009, lors d’une attaque inspirée par Al-Qaïda.

C’est son ministre de la Défense, Pete Hegseth, qui avait mis le projet sur la table le 7 octobre. L’idée d’ouvrir les caméras sur une exécution a immédiatement provoqué une levée de boucliers. L’Église catholique, les organisations de défense des droits humains et les Nations unies ont toutes exprimé leur opposition. Plus rare encore, des élus républicains s’y sont montrés hostiles, et le vice-président JD Vance a lui-même pris ses distances avec l’annonce de son ministre, un ancien présentateur de Fox News amateur de mises en scène martiales.

Dans son message, Donald Trump n’a pas caché que l’idée le séduisait sur le principe. Une diffusion aurait pu, selon lui, servir de moyen de dissuasion puissant en montrant au monde comment les États-Unis traitent les terroristes et la racaille comme Hasan. Il a toutefois reconnu que beaucoup de gens honnêtes et bien intentionnés préféraient ne pas voir cette mort, y compris en images. Seuls les proches des victimes pourront être présents en personne s’ils le souhaitent. Un sondage publié jeudi révèle d’ailleurs que huit Américains sur dix désapprouvaient la retransmission.

Le camouflet est rude pour Pete Hegseth, déjà fragilisé par l’enlisement de la guerre contre l’Iran et ses effets sur les chances républicaines aux législatives de novembre. Le Pentagone a pourtant assuré que le ministre soutenait la décision présidentielle et que les deux hommes s’étaient entretenus avant l’annonce, parlant d’une entente totale. Des dizaines d’anciens officiers avaient signé une lettre ouverte pour avertir qu’une diffusion risquait de transformer le condamné en martyr. Plusieurs démocrates ont salué le revirement, à l’image de Chrissy Houlahan, qui réclame désormais le départ du ministre. Le républicain John Curtis y voit la bonne décision pour les proches des victimes comme pour le pays. Amnesty International USA parle d’une réponse raisonnable face à la vague de protestations. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme avait estimé la semaine précédente qu’une telle diffusion relèverait d’une forme de torture.

Nidal Hasan est un psychiatre militaire, Américain musulman d’origine palestinienne. Touché à la colonne vertébrale pendant la fusillade de 2009, il se déplace aujourd’hui en fauteuil roulant. Aux États-Unis, l’écrasante majorité des exécutions relèvent des États fédérés. Les exécutions fédérales sont rares, et celles ordonnées par la justice militaire sont devenues exceptionnelles. Un observatoire spécialisé a recensé 135 exécutions de soldats par l’armée américaine depuis 1916, la dernière remontant à 1961.

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