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L’Arabie saoudite désigne Téhéran derrière la flambée des frappes houthies

Le royaume accuse l’Iran d’encourager et d’armer une campagne d’attaques quasi quotidiennes contre ses aéroports et ses sites pétroliers. Au Yémen, les…

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L'Arabie saoudite désigne Téhéran derrière la flambée des frappes houthies

Le royaume accuse l’Iran d’encourager et d’armer une campagne d’attaques quasi quotidiennes contre ses aéroports et ses sites pétroliers. Au Yémen, les combats se durcissent et coupent des centaines de milliers de civils de l’aide humanitaire.

Ryad ne prend plus de gants. Jeudi, le royaume a publiquement mis en cause l’Iran dans la montée en puissance des opérations menées par les Houthis, ces combattants yéménites proches de Téhéran qui multiplient depuis des semaines les tirs vers le territoire saoudien. L’ampleur de cette série d’attaques n’avait pas été vue depuis plus de dix ans, selon les autorités saoudiennes. Le vice-ministre chargé de la diplomatie, Rayed Krimly, l’a dit sans détour devant des journalistes. L’escalade en cours est « encouragée par l’Iran », a-t-il affirmé, reprochant à la République islamique de continuer à « armer, entraîner et soutenir » le mouvement. Ryad garde pourtant un canal de discussion ouvert avec Téhéran. Avec les Houthis, en revanche, plus rien. Les échanges sont rompus depuis plusieurs semaines, et lorsque les hostilités se sont ravivées, les combattants ont décliné une rencontre proposée à Mascate, chez le médiateur omanais.

Sur le terrain, le rythme des frappes ne faiblit pas. Depuis le début du mois d’octobre, l’aéroport international de la capitale saoudienne a été visé à vingt reprises, selon la coalition militaire dirigée par Ryad. Son porte-parole, Turki al-Malki, a lancé un appel pressant aux Houthis pour qu’ils « cessent immédiatement toutes les opérations terroristes visant des civils et des installations civiles ». Il a aussi montré du doigt, sans les nommer, des « acteurs régionaux » qui auraient permis aux combattants de se doter de missiles balistiques, de drones d’attaque et de drones suicide, mais aussi de vedettes rapides bourrées d’explosifs. Les dégâts sont déjà lourds. Une attaque samedi a tué treize personnes à l’aéroport, et la capitale a de nouveau tremblé mercredi. Jeudi, la coalition a annoncé avoir intercepté un missile dans la région de Médine, l’une des villes saintes de l’islam, après avoir signalé dans la nuit la destruction d’un drone dans l’est du pays, zone riche en pétrole. Les Houthis ont démenti être à l’origine du tir visant Médine, eux qui répètent qu’ils épargnent La Mecque et Médine.

Le conflit yéménite, lui, ne s’est jamais vraiment éteint. Depuis 2014, les Houthis affrontent des forces gouvernementales soutenues par l’aviation saoudienne, et le front s’est rallumé en juillet, ouvrant un nouveau chapitre dans la guerre régionale. Les combattants ont cette fois ciblé le palais présidentiel à Aden, ville où le gouvernement internationalement reconnu s’est replié en 2015, en assurant viser un quartier général militaire. Au moins quatre personnes ont été tuées, selon des sources gouvernementales. Malgré l’appui aérien saoudien, les forces loyalistes ont le plus grand mal à reprendre le terrain perdu, et les Houthis resserrent leur étau autour de Taëz, troisième ville du pays.

La situation humanitaire se dégrade au même rythme. Le Programme alimentaire mondial a prévenu mercredi que les combats l’avaient coupé de quelque 800 000 personnes. Le Comité international de la Croix-Rouge évoque des hôpitaux et des structures de santé « débordés », avec une hausse « sans précédent » des blessés de guerre. Les répercussions débordent désormais largement les frontières. Les États membres de l’Union européenne ont annoncé le report d’un sommet prévu le 24 octobre à Ryad avec les pays du Golfe. Trois matches de football programmés cette semaine ont également été décalés, alors qu’octobre marque d’ordinaire, avec la fin des fortes chaleurs, le coup d’envoi de la haute saison du pèlerinage à La Mecque et d’autres grands rendez-vous internationaux.

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