Monde
Près de 500 jours en prison en Algérie, la course contre la montre pour libérer Christophe Gleizes
Ses parents et Reporters sans frontières pressent les autorités françaises d’agir vite pour sortir le journaliste des geôles algériennes. Condamné à sept…


Ses parents et Reporters sans frontières pressent les autorités françaises d’agir vite pour sortir le journaliste des geôles algériennes. Condamné à sept ans de prison pour apologie du terrorisme, il n’a plus qu’une carte à jouer, une grâce présidentielle devenue possible sur le plan judiciaire.
Voilà près de 500 jours que Christophe Gleizes est enfermé dans une prison algérienne. Ses parents et Reporters sans frontières ont décidé de hausser le ton. Ils réclament des dirigeants français qu’ils agissent vite, sans repousser à plus tard. « Il est de la responsabilité du gouvernement actuel de ramener Christophe à la maison », a lancé Thibaut Bruttin, le directeur général de l’ONG. Le calendrier les inquiète. Plus la campagne électorale française avancera, plus l’affaire deviendra difficile à dénouer.
Le journaliste de 37 ans collabore au magazine So Foot. Il a été arrêté en Algérie alors qu’il couvrait la Jeunesse sportive de Kabylie, un club de football. La suite a été rude. Il a écopé de sept ans de prison pour apologie du terrorisme, un verdict tombé en pleine crise diplomatique entre Paris et Alger, puis confirmé en appel. Sa famille redoute que son sort ne devienne une monnaie d’échange. « Nous aimerions bien que le pouvoir algérien ne s’immisce pas dans les affaires de politique intérieure française », a plaidé son beau-père, Francis Godard. Avec la mère du journaliste, Sylvie Godard, il lui a rendu visite de nouveau, tout récemment.
Sur le terrain judiciaire, une porte s’est ouverte. Christophe Gleizes a retiré son pourvoi en cassation pour laisser la voie libre à une grâce présidentielle. La justice algérienne a ensuite rejeté le pourvoi du parquet, ce qui a mis un point final à la procédure. Concrètement, plus aucun obstacle juridique ne bloque une éventuelle grâce. Il reste à obtenir le feu vert du pouvoir algérien. « Il faut agir vite, maintenant, et ne pas remettre aux calendes grecques », insiste Thibaut Bruttin, qui redoute que l’Algérie « se garde une cartouche pour plus tard ». Le responsable se demande même si le journaliste n’est pas devenu « un otage d’État ».
Les soutiens dépassent largement le cercle familial. Gianni Infantino, président de la Fifa, avait accrédité Christophe Gleizes pour le Mondial et espérait le voir gracié à temps pour le tournoi. L’espoir est resté vain. Zinédine Zidane, fraîchement nommé sélectionneur de l’équipe de France, a lui aussi dit souhaiter son retour à la maison. Mais la mère du détenu observe un durcissement récent de la position algérienne envers la France. Près de 500 jours après son arrestation, Christophe Gleizes attend toujours.
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