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L’AIE sort 20 millions de barils de diesel, les marchés en attendaient plus

Pour freiner des prix du diesel à des sommets, l’Agence internationale de l’énergie va puiser plus de 20 millions de barils dans les réserves d’urgence de…

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L'AIE sort 20 millions de barils de diesel, les marchés en attendaient plus

Pour freiner des prix du diesel à des sommets, l’Agence internationale de l’énergie va puiser plus de 20 millions de barils dans les réserves d’urgence de ses membres. Un volume deux fois moins élevé que ce qui circulait, de quoi laisser les opérateurs sur leur faim.

Les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie ont trouvé un accord. Plus de 20 millions de barils de diesel seront mis sur le marché dans les meilleurs délais, prélevés sur les réserves d’urgence. L’agence veut ainsi approvisionner le marché et casser la spirale des prix. Elle a aussi confirmé qu’elle irait au bout de l’action collective lancée en mars, en réponse à la crise dans le détroit d’Ormuz, et qu’elle accélérerait la libération des volumes restants. À l’époque, ses membres s’étaient engagés à sortir plus de 400 millions de barils de brut et de produits raffinés.

La situation le justifie. Le diesel a atteint des niveaux inédits sur de nombreux marchés, sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient et du conflit entre la Russie et l’Ukraine. Cette flambée nourrit les risques d’inflation et alourdit la facture du quotidien, pour les ménages comme pour les États.

Mais la réponse reste en deçà de ce qui avait été évoqué. Le volume annoncé, un peu plus de 20 millions de barils, est loin des 50 millions de barils de diesel qui circulaient dans les discussions. Des gouvernements européens planchaient sur une proposition française allant dans ce sens, avec 50 millions de barils de diesel et autant de brut issus des stocks des pays membres. Signe de cette déception, le gazole de référence européen a grimpé à 1 430,75 dollars la tonne, soit environ 1 277 euros, même s’il restait en recul sur l’ensemble de la séance. « La hausse des prix du gazole laisse penser à une certaine déception face à l’absence d’engagement ferme en faveur de volumes supplémentaires immédiats », résume Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank. Les prix sont élevés, poursuit-il, sans qu’on soit face à de véritables pénuries, ce qui plaide selon lui pour conserver les stocks encore un moment.

La pression politique est montée d’un cran avant la réunion. Donald Trump a appelé les pays de l’Union européenne à taper dans leurs propres réserves, en menaçant de restreindre les exportations américaines de diesel. Objectif affiché, enrayer la hausse des prix avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Les États-Unis ont également fait savoir aux autres membres de l’agence que les plans actuels ne suffisaient pas à faire baisser le prix des carburants.

Certains pays ont déjà dépassé leurs engagements de mars, d’autres s’apprêtent à faire de même. Environ 330 millions de barils ont été mis sur le marché à ce jour. L’Espagne a annoncé de son côté qu’elle libérerait 4,4 millions de barils de ses réserves stratégiques en octobre, sans préciser les produits concernés. Le pays a pour l’instant sorti 3,7 millions des 11,5 millions de barils promis au printemps.

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