Société
Des Ehpad français en souffrance, le Conseil de l’Europe exige des réponses
Le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a visité plusieurs Ehpad et réclame plus de moyens et de contrôles. La ministre de l’Autonomie…

Le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a visité plusieurs Ehpad et réclame plus de moyens et de contrôles. La ministre de l’Autonomie reconnaît des difficultés mais promet du mieux d’ici 2030.
Plus de quatre ans après les révélations qui ont éclaboussé Orpea, le Conseil de l’Europe a voulu vérifier par lui-même. Son commissaire aux droits de l’homme s’est rendu dans plusieurs établissements pour personnes âgées dépendantes en France. De cette visite est sortie une lettre adressée à la ministre chargée de l’Autonomie, puis rendue publique. Le constat est sévère.
Dans ce courrier, les acteurs du secteur décrivent des ressources humaines et financières très en dessous des besoins. Le commissaire relève un sous-effectif chronique et un turn-over élevé. Le résultat se lit dans le quotidien des soignants et des résidents, avec des conditions de travail et de vie qui se dégradent. Il pointe aussi des bâtiments vétustes, trop petits et mal préparés au changement climatique.
Le Conseil de l’Europe ne se contente pas d’énumérer les problèmes. Il demande des actes concrets à l’État français. Améliorer le ratio entre personnel et résidents, garantir les budgets pour recruter et former, multiplier les contrôles sans prévenir. Voilà l’essentiel de ses recommandations.
La ministre ne conteste pas l’état des lieux. Elle reconnaît que les difficultés sont nombreuses et qu’elles ne se régleront pas en quelques mois. Le pays compte près de 7.500 Ehpad et plus de 600.000 places d’hébergement, ce qui donne une idée de l’ampleur. Le gouvernement veut recruter 50.000 professionnels supplémentaires d’ici 2030. Il rappelle aussi les près de 4 milliards d’euros consacrés aux salaires depuis le Ségur de la santé et les plus de 2 milliards investis dans le secteur. Il défend enfin une campagne nationale qui a permis de contrôler tous les Ehpad, après une période où certains pouvaient rester plusieurs années sans inspection.
Derrière cet échange, une promesse reste en suspens. Les acteurs du grand âge réclament depuis des décennies une loi de programmation pluriannuelle, comme il en existe pour les armées. Emmanuel Macron l’avait annoncée au début de son premier mandat. Elle n’a toujours pas vu le jour, la question financière restant un obstacle central.
Cette alerte vient d’une institution basée à Strasbourg, le Conseil de l’Europe, qui défend les droits de l’homme dans 46 pays. Elle ne doit pas être confondue avec le Conseil européen, qui réunit les 27 États membres de l’Union européenne.
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