Planète
Les industriels devront payer pour leurs « polluants éternels » dans l’eau dès septembre
La redevance sur les PFAS entre enfin en vigueur après un report de six mois. Objectif financer la dépollution de l’eau potable, un enjeu de santé…


La redevance sur les PFAS entre enfin en vigueur après un report de six mois. Objectif financer la dépollution de l’eau potable, un enjeu de santé publique._
C’est une petite révolution dans la lutte contre la pollution chimique. À partir du 1er septembre, les usines qui rejettent des PFAS, ces fameux « polluants éternels », devront s’acquitter d’une taxe. Chaque tranche de 100 grammes de substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées rejetée dans l’eau coûtera 100 euros. Le décret officialisant cette mesure a été publié samedi au Journal officiel, après un premier report décidé en avril dernier. Le gouvernement expliquait alors avoir besoin de six mois supplémentaires pour « garantir sa sécurité juridique », notamment après un élargissement de la liste des substances surveillées.
Concrètement, la redevance s’applique sur la masse totale de PFAS rejetée par un industriel au cours d’une année civile. Pour la calculer, deux méthodes sont possibles une autosurveillance en continu, ou une campagne de mesure réalisée sur une période représentative. Cette campagne doit être faite au démarrage de l’activité, puis au moins une fois tous les cinq ans. Attention si la concentration totale observée dépasse deux kilos sur une année, la redevance sera due. En dessous, le seuil est considéré comme nul, mais les prélèvements restent obligatoires.
L’enjeu est colossal pour la santé publique. Les PFAS, utilisés dans des milliers de produits du quotidien, comme les poêles antiadhésives ou les emballages alimentaires, contaminent durablement les sols et les nappes phréatiques. Ils sont associés à des risques accrus de cancers, de troubles de la fertilité, de développement fœtal ou d’augmentation du cholestérol. Le décret a retenu une liste de 28 molécules soumises à la taxe, dont le très répandu TFA, acide trifluoroacétique, présent dans quasiment toutes les eaux. La loi, portée par le député écologiste Nicolas Thierry, avait été promulguée en février 2025 mais son application traînait. Désormais, le compte à rebours est lancé pour les industriels concernés.
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