Planète
Kuala Lumpur suffoque sous les fumées indonésiennes et ferme ses écoles
La pollution venue des incendies qui ravagent l’Indonésie a contraint la Malaisie à fermer des établissements scolaires, jusque dans sa capitale. Kuala…


La pollution venue des incendies qui ravagent l’Indonésie a contraint la Malaisie à fermer des établissements scolaires, jusque dans sa capitale. Kuala Lumpur réclame désormais une réunion d’urgence des pays de la région.
La capitale malaisienne, où vivent huit millions de personnes, a passé la semaine sous un air classé malsain. Vendredi, elle figurait même au deuxième rang des villes les plus polluées de la planète, juste derrière sa voisine Singapour. Une situation qui a poussé les autorités à garder portes closes dans plusieurs écoles du pays, notamment à Kuala Lumpur.
La ministre de l’Éducation, Fadhlina Sidek, a demandé à tous les services éducatifs des États et des districts de garder un œil sur l’évolution de la qualité de l’air et d’agir sans attendre si la situation l’exigeait. Elle reconnaît que chaque fermeture bouscule le quotidien des parents. Son communiqué recense des fermetures totales ou partielles dans cinq États et deux territoires fédéraux. La veille, le roi de Malaisie, le sultan Ibrahim, avait donné un repère clair. Selon lui, les écoles doivent fermer dès que l’indice de pollution atmosphérique atteint 150. Les règles malaisiennes classent un indice supérieur à 200 comme malsain, au-delà de 300 comme dangereux, et un dépassement de 500 comme le seuil qui déclenche l’urgence locale. Vendredi, Kuala Lumpur tournait autour de 170.
Le mal vient de plus loin. Depuis des mois, l’Indonésie combat des feux qui ont dévoré de vastes étendues de forêts et de tourbières, surtout à Bornéo, l’île partagée au nord avec la Malaisie et le sultanat de Brunei, mais aussi à Sumatra et en Papouasie. La fumée toxique s’est invitée chez les voisins malaisien et singapourien. À Bornéo, elle a entraîné la fermeture d’écoles et des dizaines de milliers d’infections respiratoires aiguës. Pour les experts, ces incendies sont attisés par un phénomène El Niño d’une intensité exceptionnelle, qui produit les pires niveaux de pollution observés depuis des années.
Face à l’ampleur du nuage, le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a affirmé jeudi avoir échangé avec le président indonésien Prabowo Subianto. Il décrit un problème de fumée qui atteint un niveau préoccupant et assure avoir pris contact lui-même avec son homologue, lequel aurait accepté de prendre les mesures nécessaires, sans plus de précisions. La Malaisie multiplie de son côté les efforts, en renforçant les tentatives d’ensemencement des nuages pour provoquer la pluie. Anwar Ibrahim a aussi chargé son ministre des Affaires étrangères, Mohamad Hasan, de saisir le secrétariat de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, qui rassemble onze pays, pour organiser une réunion urgente des ministres de l’Environnement sur le sujet.
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