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Ces otaries passent un test auditif pour mieux protéger les océans

Des chercheurs australiens ont appris à des lions de mer et des otaries à fourrure à signaler les sons qu’ils perçoivent. Objectif, mesurer l’impact réel…

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Ces otaries passent un test auditif pour mieux protéger les océans

Des chercheurs australiens ont appris à des lions de mer et des otaries à fourrure à signaler les sons qu’ils perçoivent. Objectif, mesurer l’impact réel du vacarme humain sur ces animaux, et surtout sur une espèce menacée.

Au zoo de Taronga, à Sydney, quatre pensionnaires pas comme les autres ont pris l’habitude de tendre l’oreille. Deux lions de mer et deux otaries à fourrure ont été entraînés par les soigneurs à appuyer sur une palette dès qu’ils entendaient un signal sonore. Bonne réponse, poisson en récompense. Un dressage simple en apparence, qui ouvre pourtant une porte sur une question de fond.

Car avant de savoir si un bruit dérange un animal, encore faut-il déterminer s’il est capable de l’entendre. C’est tout l’enjeu de ce travail mené par Christine Erbe, professeure à l’université Curtin, qui y voit une base de référence indispensable. Selon elle, ces tests permettent enfin de se demander comment le trafic maritime, le passage des avions ou les chantiers côtiers viennent perturber la vie des phoques et des otaries. Les résultats montrent que ces pinnipèdes réagissent le plus fortement aux sons situés autour de 3,2 kilohertz.

Cette donnée pèse lourd pour l’otarie australe. L’espèce est classée menacée, avec une population estimée à seulement 12.000 individus environ. Or ces animaux dépendent entièrement de leur ouïe pour communiquer entre eux, repérer leur nourriture, se déplacer et sentir venir un danger. Chaque bruit ajouté dans leur environnement grignote donc une capacité vitale.

Le phénomène dépasse d’ailleurs largement le cas des pinnipèdes. Une étude parue en février a montré que la pollution sonore bousculait le comportement des oiseaux un peu partout sur la planète, jusqu’à perturber leurs chants de parade nuptiale ou leur aptitude à trouver de quoi manger et à fuir les prédateurs. Pour Benjamin Pitcher, biologiste comportemental à la Taronga Conservation Society Australia, les recherches sur les otaries et les phoques ont de quoi peser concrètement. Leurs conclusions pourraient alimenter les évaluations d’impact environnemental et la gestion du bruit, à un moment où le transport maritime, l’aménagement du littoral et les activités industrielles en mer ne cessent de gagner du terrain.

Reste une étape de taille. On sait désormais ce que ces animaux perçoivent dans l’air, mais l’essentiel se joue ailleurs, sous la surface. Comprendre comment le bruit les affecte une fois immergés, et à partir de quel seuil il vient gêner leur comportement ou abîmer leur audition, voilà le prochain chantier.

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