Planète
Accord Iran États-Unis le compte à rebours des négociations est lancé
La guerre qui a embrasé le Moyen-Orient depuis février vient de prendre un tournant décisif. Après la signature à distance du protocole d’accord par…


La guerre qui a embrasé le Moyen-Orient depuis février vient de prendre un tournant décisif. Après la signature à distance du protocole d’accord par Donald Trump et Massoud Pezeshkian, les discussions techniques s’ouvrent vendredi en Suisse.
Les regards sont braqués sur le Bürgenstock, un hôtel de luxe perché au-dessus du lac de Lucerne. C’est là que vendredi, les délégations américaine et iranienne doivent poser les premières pierres d’une paix encore fragile. L’accord signé mercredi soir met officiellement fin à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et qui a ébranlé l’économie mondiale depuis le 28 février. Mais le plus dur commence maintenant.
Les signaux économiques sont déjà au vert. La promesse de réouverture du détroit d’Ormuz, verrouillé par l’Iran depuis le début de la guerre, a fait chuter les cours du pétrole jeudi. Le baril de Brent est retombé à 77,91 dollars, se rapprochant de son niveau d’avant-guerre. Un cinquième du brut mondial transitait par ce passage stratégique avant les hostilités. La levée simultanée du blocus américain sur les ports iraniens ouvre la voie à une reprise des flux. Mais tout cela reste conditionné à la suite des négociations.
Côté politique, les réactions ne se font pas attendre. Le négociateur iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a salué un accord qui acte selon lui l’échec des États-Unis. Téhéran obtient la promesse du déblocage de ses avoirs gelés à l’étranger et la suspension des sanctions sur ses ventes de pétrole. Au Liban, le chef du Hezbollah Naïm Kassem y voit une grande victoire pour l’Iran et appelle à en profiter pour expulser Israël du sud du pays. Pourtant, sur le terrain, les combats continuent, même s’ils ont perdu en intensité. Un soldat israélien a été tué mercredi et un homme est mort jeudi dans une frappe.
Le cœur des pourparlers portera sur le programme nucléaire iranien, source de tensions depuis des décennies. Le protocole prévoit un délai de 60 jours pour négocier en détail. Il évoque un mécanisme pour traiter les stocks d’uranium hautement enrichi, avec une méthode de dilution sous supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’AIEA s’est dite prête à définir des mesures concrètes. Les États-Unis s’engagent aussi à faciliter un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l’Iran, sans y contribuer directement. Le G7 a salué une opportunité historique d’empêcher Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire, même si la question des missiles iraniens reste pour l’instant hors du menu des discussions. La route est encore longue, mais les premiers pas viennent d’être faits.
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