Sports
Le triomphe amer de Narbonne : une montée en Pro D2 sous le signe des rancœurs

Sacré champion de Nationale et promu en Pro D2, Narbonne savoure sa réussite. Pourtant, son entraîneur Jacques Delmas ne cache pas son amertume envers certains, sans jamais les nommer.
Voilà dix jours que Narbonne a décroché le Graal. Cinquièmes à l’issue de la saison régulière de Nationale, les Audois ont écarté Massy avant de dominer coup sur coup les deux leaders du championnat, Albi puis Nice en finale. Un exploit retentissant qui propulse les joueurs en Orange et Noir directement en Pro D2, quatre saisons après avoir quitté l’antichambre du rugby hexagonal. « Le jour suivant la finale, j’ai sauté dans ma voiture et je suis parti. Je refusais de m’attribuer tous les honneurs. Cela revenait aux joueurs et à l’encadrement. (…) Je suis allé retrouver des amis sur la côte. On a discuté de tout, sauf de ballon ovale. Et cela m’a comblé de bonheur ! » a confié Jacques Delmas dans les colonnes de Midi Olympique.
Pourtant, ce succès éclatant, couronné par une remontée, dissimule un sentiment partagé chez le technicien. « Je ne vais pas m’attarder là-dessus, mais cette ville a un caractère singulier. On m’avait prévenu que les mentalités avaient évolué, mais pas chez tout monde, malheureusement. J’ai quitté les lieux il y a trente ans. Il faut se réhabituer à cet environnement, mais je vis en marge. Je me rends de ma campagne, où je réside, jusqu’au stade. Le soir, je fais le chemin inverse, point final. Je ne vois que mes quatre ou cinq proches, avec qui je dîne une fois par semaine. Pour le reste, je me consacre à ma tâche. Je préfère rester à l’écart de tout cela, c’est plus sain. » Alors, pourquoi l’ancien entraîneur de Toulon a-t-il relevé le défi narbonnais ? « Charles (Malet, le directeur sportif, ndlr) m’a recruté. Je savais dès le départ que ce serait ardu. Je mesurais l’ampleur du chantier, je savais par où commencer » a-t-il expliqué. Ainsi, l’aventure au Racing Club Narbonnais se poursuivra la saison prochaine, main dans la main avec son directeur sportif, avec qui il compte bâtir un recrutement judicieux cet été. « Nous n’avons pas le droit à l’erreur, cela ajoute une pression supplémentaire. Narbonne n’est pas une métropole, nos moyens sont limités, donc c’est délicat. »

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