Économie
Les taux obligataires s’envolent, les places financières divisées

La remontée des rendements de la dette souveraine s’accélère mardi, alimentée par les craintes inflationnistes liées au blocage du détroit d’Ormuz, tandis que les Bourses mondiales affichent des trajectoires contrastées.
Vers 13h40 GMT, le rendement de l’emprunt d’État américain à dix ans s’établissait à 4,66%, contre 4,59% la veille en clôture. Son équivalent à trente ans grimpait à 5,18%, un sommet inédit depuis 2007. En Europe, le taux allemand à dix ans atteignait 3,19%, contre 3,14% la veille, un niveau comparable à celui de 2011, alors qu’il n’était encore qu’à 3,04% jeudi dernier. La France voyait son rendement à dix ans passer de 3,77% à 3,83%, et l’Italie enregistrait une hausse de 0,06 point de pourcentage à 3,97%.
Cette tension sur les taux trouve son origine dans la flambée des prix du pétrole, conséquence directe du conflit au Moyen-Orient. Le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 111,23 dollars, tandis que le WTI américain restait stable à 108,80 dollars. « Les marchés intègrent désormais un scénario bien plus inflationniste, lié à la hausse durable des cours du pétrole », explique un analyste de Cité Gestion Private Bank. Le Brent affiche une progression de plus de 50% par rapport à son niveau d’avant-guerre, un constat qui pèse lourdement sur les anticipations des investisseurs.
Dans ce contexte, le dollar américain, monnaie de référence pour le pétrole et valeur refuge prisée depuis le début du conflit, continuait de se renforcer face à l’euro, gagnant 0,45% à 1,1603 dollar pour un euro. Les investisseurs semblent de plus en plus convaincus que des taux américains élevés et durables renforceront encore la demande pour le billet vert.
À Wall Street, la séance s’ouvrait en baisse. Le Nasdaq reculait de 0,37%, le S&P 500 de 0,41%, et le Dow Jones de 0,68%, sous l’effet de prises de bénéfices dans le secteur technologique. L’attention se concentre sur Nvidia, dont les résultats du premier trimestre sont attendus mercredi après la clôture. Le fabricant de microprocesseurs incarne l’espoir des marchés dans la révolution de l’intelligence artificielle, mais la nervosité liée à la situation géopolitique freine l’enthousiasme. « L’IA reste un soutien majeur pour les actions américaines, mais la hausse du pétrole et les anticipations d’inflation pèsent sur le moral des investisseurs », souligne un analyste de Lombard Odier IM.
En Europe, les Bourses tenaient bon, soutenues par l’annonce de Donald Trump lundi soir. Le président américain a déclaré avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l’Iran prévue mardi, évoquant de « très bonnes chances » de parvenir à un accord avec Téhéran. Vers 11h30 GMT, le CAC 40 progressait de 0,25%, Francfort gagnait 0,80% grâce aux valeurs de la défense comme Rheinmetall (+4,66%) et Hensoldt (+8,75%). Londres suivait la tendance (+0,13%), tandis que Milan restait stable (-0,09%).

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