Société
La droite républicaine à l’offensive sur le terrain régalien et sociétal

_**Lors d’une journée parlementaire qui leur était réservée, les députés Les Républicains ont défendu une série de propositions visant à renforcer l’autorité de l’État et à marquer leur empreinte conservatrice, suscitant des clivages prononcés dans l’hémicycle.**_
Les élus du groupe Droite républicaine ont occupé toute la tribune de l’Assemblée nationale ce jeudi, profitant de leur niche parlementaire pour porter un agenda politique centré sur les questions de sécurité et d’identité. L’objectif affiché par leur président, Laurent Wauquiez, est de lutter contre ce qu’il nomme une « inversion des valeurs », en particulier dans le domaine régalien.
Parmi les textes phares figurait une proposition de loi destinée à instaurer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre utilisant leur arme. Le dispositif, soutenu par une réécriture gouvernementale, prévoit que les policiers et gendarmes ouvrant le feu sont présumés avoir agi dans le cadre légal, cette présomption pouvant être contestée par des preuves contraires. Le gouvernement souhaite également étendre les conditions d’usage de l’arme pour les agents en civil dans des circonstances très spécifiques. Si Les Républicains se sont déclarés favorables à cette version amendée, l’opposition de gauche a annoncé un vote massivement hostile, dénonçant un risque de banalisation de l’usage des armes. Le Rassemblement national, en revanche, apportera son soutien à cette mesure.
En début de séance, le groupe a également fait adopter une résolution invitant la Commission européenne à inscrire l’organisation des Frères musulmans sur la liste européenne des entités terroristes. Par ailleurs, un autre texte controversé, visant à interdire le port de tenues dissimulant la chevelure pour les mineures dans l’espace public, était à l’ordre du jour. Ses détracteurs, y compris dans les rangs de la majorité présidentielle, pointent son caractère potentiellement inapplicable et son inconstitutionnalité présumée. La gauche a fustigé une proposition relevant selon elle d’un débat politicien.
Au-delà des sujets sociétaux, Les Républicains ont cherché à marquer des points sur le terrain économique et social, qualifié de « France qui travaille ». Ils ont notamment soutenu une proposition sénatoriale visant à autoriser le travail dans certains commerces et établissements culturels le 1er mai, une fête du Travail. Les promoteurs du texte arguent de la nécessité de répondre à des situations locales, comme celle de boulangeries ayant écopé d’amendes pour avoir ouvert ce jour-là, tandis que la gauche y voit une remise en cause symbolique d’un jour férié.

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