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Le verdict tombe dans l’affaire du financement libyen de la campagne de 2007

Le tribunal correctionnel de Paris s’apprête à rendre sa décision concernant Nicolas Sarkozy et onze autres prévenus. L’ancien chef de l’État, qui risque une peine sévère, a toujours catégoriquement nié les faits qui lui sont reprochés.
La justice doit se prononcer ce jeudi sur les soupçons de financement illégal de la campagne présidentielle de 2007. Le décès survenu mardi de l’un des protagonistes, Ziad Takieddine, n’a pas modifié le calendrier judiciaire. L’audience consacrée à la lecture du jugement, qui pourrait s’étendre sur plusieurs heures, doit s’ouvrir comme prévu. Les magistrats pourront acter l’extinction des poursuites à son encontre, mais un report général de la décision pour les autres prévenus est considéré comme très improbable.
Le parquet national financier a requis, fin mars, une peine de sept ans d’emprisonnement à l’encontre de l’ancien président. Les procureurs l’accusent d’avoir conclu ce qu’ils qualifient de pacte corruptif avec le régime libyen de l’époque. Nicolas Sarkozy est poursuivi pour des chefs incluant corruption passive, financement illégal de campagne électorale et association de malfaiteurs. Selon l’accusation, il aurait été à la fois l’instigateur et le bénéficiaire d’un apport de fonds libyens en contrepartie de promesses politiques, notamment un retour en grâce internationale de la Libye.
L’ancien locataire de l’Élysée, qui sera présent à l’audience, a vivement dénoncé ces réquisitions, y voyant une tentative de dissimuler l’absence de preuves solides. Il a constamment affirmé son innocence depuis les premières mises en cause en 2011. Ses avocats soutiennent qu’aucun élément concret, trace financière ou enrichissement personnel, ne vient étayer l’existence d’un tel financement. La défense évoque plutôt une manœuvre de vengeance du clan Kadhafi suite au rôle joué par la France en 2011.
Outre Nicolas Sarkozy, plusieurs de ses prohes collaborateurs de l’époque, comme Brice Hortefeux et Claude Guéant, ainsi que des hommes d’affaires, sont également jugés. En cas de condamnation, un appel est d’ores et déjà anticipé, ce qui reporterait l’éventualité d’une incarcération. Une peine définitive supérieure à deux ans de prison ferme ne serait pas aménageable, bien qu’un détenu de plus de soixante-dix ans puisse solliciter une libération conditionnelle. L’ancien président purge actuellement une autre peine sous bracelet électronique, une première pour un ex-chef d’État.

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