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Washington et Téhéran peinent à sceller l’accord de sortie de guerre

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Les négociations entre les États-Unis et l’Iran pour mettre un terme au conflit entrent dans une phase décisive, un compromis portant sur la réouverture du détroit d’Ormuz semblant se dessiner, tandis que la question nucléaire demeure en suspens.

Les discussions entre Américains et Iraniens s’intensifient en vue de finaliser un accord destiné à mettre fin à la guerre. Le président américain Donald Trump a évoqué un compromis « largement négocié » qui prévoirait la réouverture du détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour l’économie mondiale, tout en allégeant les sanctions pesant sur Téhéran. Selon des informations rapportées par plusieurs médias, cette proposition inclurait le dégel de certains actifs iraniens détenus dans des banques étrangères et une prolongation des pourparlers pour une durée de trente jours. La question du programme nucléaire iranien serait, quant à elle, renvoyée à un cycle de négociations ultérieur, dans les semaines ou les mois à venir.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a confirmé samedi que Téhéran se trouvait en « phase de finalisation » d’un protocole d’accord avec Washington. Il a toutefois nuancé cette annonce en précisant que cela ne signifiait pas nécessairement qu’un accord serait trouvé sur les questions fondamentales, et que le dossier nucléaire n’était pas inclus à ce stade. En revanche, la levée du blocus naval imposé par les États-Unis aux ports iraniens et le sort du détroit d’Ormuz, que l’Iran bloque de facto depuis le début des hostilités le 28 février, figurent bien au cœur des discussions.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, qui joue un rôle de médiateur, a alimenté l’espoir d’une résolution progressive du conflit en déclarant espérer accueillir prochainement une nouvelle séance de négociations. Une première rencontre, infructueuse, s’était tenue à Islamabad le 11 avril entre responsables américains et iraniens. Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a précisé que l’accord, « largement négocié » et « sous réserve d’être finalisé », incluait la réouverture du détroit d’Ormuz. Cette annonce faisait suite à un entretien téléphonique avec plusieurs dirigeants d’États du Golfe, ainsi que de Turquie, d’Égypte, de Jordanie et du Pakistan. Le président américain a également mentionné un appel séparé avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qualifié de « bien passé ». Les médias américains rapportent des divergences de stratégie entre Donald Trump et son allié israélien, le premier privilégiant une solution diplomatique tandis que le second souhaiterait une reprise des combats.

Ce rapprochement apparent intervient après des semaines de blocage et de menaces. Samedi, Donald Trump avait estimé à 50-50 les chances d’un accord ou d’une reprise de la guerre. Le même jour, le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a promis une réponse « écrasante » en cas de reprise des hostilités américaines. Il venait de rencontrer le chef de l’armée pakistanaise à Téhéran dans le cadre des efforts de médiation d’Islamabad. Depuis le 8 avril, un cessez-le-feu est en vigueur entre les deux pays, après plus d’un mois de guerre qui a causé des milliers de morts et perturbé l’économie mondiale. Dans le Golfe, les diplomates s’activent pour faire aboutir les discussions et éviter une reprise des frappes. L’émir du Qatar a exhorté à privilégier les solutions pacifiques lors de son appel avec Donald Trump. Le Qatar, comme d’autres monarchies du Golfe alliées des États-Unis, a été visé par des tirs de représailles iraniens durant les premières semaines du conflit. La guerre a également gravement perturbé l’économie mondiale, un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde transitant par le détroit d’Ormuz avant le conflit. Les Iraniens, las de cette situation, expriment leur lassitude. Sur le front libanais, malgré le cessez-le-feu du 17 avril, l’armée israélienne multiplie les raids et les appels à évacuer dans le sud du Liban, et la défense civile libanaise a déploré dimanche la destruction de son centre régional à Nabatiyé par une frappe israélienne.

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