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Marine Le Pen défie la justice et lance sa campagne présidentielle

La candidate d’extrême droite mise sur un pourvoi en cassation pour rester dans la course. Ce mercredi, elle entame sa tournée électorale dans la Sarthe…

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Marine Le Pen défie la justice et lance sa campagne présidentielle

La candidate d’extrême droite mise sur un pourvoi en cassation pour rester dans la course. Ce mercredi, elle entame sa tournée électorale dans la Sarthe, avec Jordan Bardella à ses côtés.

Marine Le Pen a lancé sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027, malgré sa condamnation pour détournement de fonds publics européens. La cour d’appel a réduit son inéligibilité à 45 mois dont 30 avec sursis, ce qui lui permet d’être candidate. Elle a écopé de trois ans de prison dont un an sous bracelet électronique, mais son pourvoi en cassation suspend l’exécution de la peine. Mercredi matin, elle était au marché de La Flèche, une ville remportée par son parti en mars, accompagnée de Jordan Bardella, qui serait son Premier ministre en cas de victoire.

La stratégie de Marine Le Pen repose sur une course contre la montre. Ses proches, comme le maire RN de Perpignan Louis Aliot, estiment qu’il n’y a plus d’urgence pour que la Cour de cassation se prononce, puisque la candidate peut se présenter. Son avocat, Rodolphe Bosselut, a déclaré que cette instance n’a pas à accélérer son rythme habituel, qui varie entre 12 et 18 mois. Pourtant, en janvier, la Cour avait indiqué qu’elle tenterait de trancher autour de la fin d’année 2026, en raison de l’approche du premier tour prévu le 18 avril 2027. Si elle rejette le pourvoi avant l’élection, Marine Le Pen pourrait devoir faire campagne avec un bracelet électronique, une hypothèse qu’elle avait écartée. La procureure générale, Marie-Suzanne Le Quéau, a prévenu que si la décision tombait dès janvier, elle mettrait immédiatement la peine à exécution.

Cette candidature sous le coup d’une condamnation suscite de vives critiques. Gabriel Attal, candidat de Renaissance, l’accuse de faire pression sur la justice et de prendre la campagne en otage avec une guérilla judiciaire. Il compare sa rhétorique à celle de Donald Trump. Raphaël Glucksmann, eurodéputé et probable candidat, dénonce une déchéance et rappelle qu’on ne doit pas se présenter à la présidence quand on est condamné pour détournement de fonds publics. En défense, le député RN Jean-Philippe Tanguy rappelle la présomption d’innocence tant que le pourvoi n’est pas jugé. Marine Le Pen, elle, se dit heureuse de redonner aux Français leur liberté de voter. L’impact sur l’opinion reste incertain le sondeur Brice Teinturier estime que ses sympathisants pourraient saluer sa détermination, mais que les affaires finissent toujours par abîmer. La cour d’appel a établi un préjudice total de 2,8 millions d’euros pour le Parlement européen, entre 2004 et 2016, lié à un système de salaires fictifs d’assistants parlementaires.

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