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Le compte à rebours des fonctionnaires avant le face-à-face salarial avec l’exécutif

Ce mercredi, le ministre des Comptes publics reçoit les syndicats pour tenter de désamorcer une crise sur les rémunérations. Alors que les caisses de…

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Le compte à rebours des fonctionnaires avant le face-à-face salarial avec l'exécutif

Ce mercredi, le ministre des Comptes publics reçoit les syndicats pour tenter de désamorcer une crise sur les rémunérations. Alors que les caisses de l’État se resserrent, six millions d’agents guettent une réponse concrète et n’excluent pas la grève.

La tension monte d’un cran dans la fonction publique. Les huit syndicats représentatifs se retrouvent ce mercredi à Bercy avec David Amiel, le ministre chargé des Comptes publics. Cette réunion, initialement prévue lundi et reportée à cause d’une motion de censure au Parlement, porte sur un sujet explosif : les salaires. Derrière les chiffres et les grilles indiciaires, c’est le quotidien de millions d’agents qui se joue. Infirmiers, enseignants, policiers, agents administratifs : tous subissent depuis trois ans un gel du point d’indice, qui sert de base à leur rémunération. À cela s’ajoute la suppression d’une prime pour le pouvoir d’achat et un tassement des grilles qui bloque les carrières. Leur patience a des limites.

Les syndicats arrivent avec des revendications claires : des hausses de salaire dès 2026. Mais le contexte budgétaire est morose. La veille, un comité d’alerte sur les finances publiques a revu à la baisse la prévision de croissance pour 2026, la faisant passer de 0,9% à 0,7%. L’objectif d’un déficit public à 5% l’an prochain semble désormais hors de portée. Résultat, le gouvernement doit trouver au moins 9 milliards d’euros d’économies supplémentaires, au lieu des 6 milliards prévus. Dans ces conditions, les marges de manœuvre pour augmenter les salaires des fonctionnaires sont quasi inexistantes. Pourtant, le ministre lui-même a reconnu que le système de rémunération est devenu obsolète. Un aveu qui ne suffit pas à calmer la colère.

Les organisations syndicales ne cachent pas leur scepticisme. Christian Grolier, de Force ouvrière, prévient : si le ministre arrive les mains vides, les six millions d’agents jugeront sur pièce. Fin juin, les syndicats ont déjà appelé à une mobilisation le 29 septembre, sans exclure une grève. En avril, ils avaient claqué la porte d’une précédente réunion, dénonçant l’absence de mesures immédiates. Gaëlle Martinez, de Solidaires, dit se rendre à Bercy très remontée et revendicative, encore plus après les mauvaises nouvelles budgétaires de la veille. Caroline Chevé, de la FSU, met en garde le gouvernement : se mettre à dos six millions d’actifs, c’est une faute politique, surtout à l’approche de l’élection présidentielle. Le rendez-vous de ce mercredi pourrait bien être le dernier avant la rupture.

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