Faits Divers
Booba devant la justice pour avoir lancé une meute numérique contre une agente d’influenceurs
Le rappeur star du rap français sera jugé pour avoir orchestré une campagne de cyberharcèlement de 2022 à 2025. Avec lui, deux complices présumés devront…


Le rappeur star du rap français sera jugé pour avoir orchestré une campagne de cyberharcèlement de 2022 à 2025. Avec lui, deux complices présumés devront s’expliquer devant le tribunal correctionnel de Paris en mars 2027.
L’affaire remonte à mai 2022. Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, lance une croisade contre les influenceurs et leurs méthodes qu’il juge trompeuses. Il les rebaptise les « influvoleurs ». Dans son viseur principal Magali Berdah, fondatrice de Shauna Events, une agence qui gère les réseaux sociaux de centaines de créateurs de contenus. Pendant trois ans, le rappeur et sa communauté en ligne, qu’il appelle « la piraterie », multiplient les publications hostiles. Deux autres personnes sont également renvoyées devant le tribunal pour complicité Grégory Zaoui, connu pour son implication dans l’affaire de la fraude à la taxe carbone, ainsi qu’une ancienne employée de Magali Berdah. Leur procès est fixé au 25 mars 2027.
Les juges d’instruction ont estimé que les attaques de Booba dépassaient largement le simple lancement d’alerte. Certains de ses messages visaient directement la personne de Magali Berdah avec des insultes sur son physique, des comparaisons animales, des attaques sur sa religion ou encore des révélations sur sa vie privée et sexuelle. Le rappeur, qui réside à Miami, s’est toujours défendu en se présentant comme un lanceur d’alerte dénonçant les dérives du marketing d’influence. Mais pour la justice, son poids sur les réseaux sociaux était décisif avec 5 millions d’abonnés, il était parfaitement conscient de l’effet de ses mots sur sa communauté.
Magali Berdah décrit les conséquences de ce déferlement comme une mise à mort lente et invisible. Elle raconte ne plus pouvoir respirer, faire face à une violence que les gens ne voient pas mais qui la détruit chaque jour. Ses avocats, Antonin Gravelin-Rodriguez et Rachel-Flore Pardo, parlent de la plus grosse affaire de cyberharcèlement jamais traitée par la justice française. Selon eux, Booba était le chef de meute. Sans lui, toute cette mécanique de haine n’aurait pas existé. En mars 2024, 28 internautes avaient déjà été condamnés pour leur participation à ce harcèlement. Désormais, c’est lui qui devra s’expliquer devant le tribunal.
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