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Marine Le Pen se lance dans la course à l’Élysée sans bracelet mais sous pression

La cheffe du RN a officiellement débuté sa campagne à La Flèche, un symbole politique fort. Entre condamnation allégée et pourvoi en cassation, son avenir…

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Marine Le Pen se lance dans la course à l’Élysée sans bracelet mais sous pression

La cheffe du RN a officiellement débuté sa campagne à La Flèche, un symbole politique fort. Entre condamnation allégée et pourvoi en cassation, son avenir électoral reste suspendu à une décision de justice.

Mercredi, Marine Le Pen a choisi La Flèche, dans la Sarthe, pour lancer sa campagne pour la présidentielle de 2027. Cette ville, longtemps bastion de gauche, a basculé aux dernières municipales. Un symbole pour la candidate qui veut incarner une reconquête du territoire. Accompagnée de Jordan Bardella, elle a été accueillie par des manifestants hostiles, avec des pancartes anti-RN, mais aussi par des sympathisants venus prendre des selfies. Le marché a été le théâtre de tensions, obligeant la candidate à se replier en voiture pour un échange à huis clos avec l’équipe municipale.

Cette mise en scène politique intervient au lendemain d’un rebondissement judiciaire majeur. Condamnée en première instance à quatre ans de prison dont deux ferme et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen a vu sa peine allégée en appel. La cour d’appel a prononcé trois ans de prison dont un an ferme aménageable sous surveillance électronique, 45 mois d’inéligibilité dont 30 avec sursis, et 100 000 euros d’amende. Cette décision lui permet techniquement de se présenter à la présidentielle, mais sous bracelet électronique. S’estimant innocente, elle a immédiatement formé un pourvoi en cassation, suspensif.

La procureure générale a clarifié la situation. Marine Le Pen débutera sa campagne sans bracelet, car le pourvoi suspend l’exécution de la peine. En revanche, si la Cour de cassation rend sa décision avant le premier tour, elle pourrait devoir porter le bracelet pour la fin de la campagne. La candidate dénonce un problème juridique sérieux sur l’article du Code pénal utilisé contre elle. Mais pour ses adversaires, elle joue la montre. Gabriel Attal, candidat à la présidentielle, a dénoncé une rhétorique trumpienne et une pression sur la Cour de cassation pour qu’elle ne statue pas avant l’élection.

Le calendrier est incertain. La Cour de cassation, saisie jusqu’au 17 juillet, pourrait se prononcer début janvier. Si elle confirme la condamnation, Marine Le Pen devra faire campagne sous bracelet, ce qu’elle a toujours exclu. Si elle casse l’arrêt, la candidate pourrait être renvoyée au jugement de première instance, avec exécution immédiate. Et si Marine Le Pen gagne l’élection avant toute décision, elle bénéficierait de l’immunité présidentielle. Un scénario que certains de ses avocats semblent envisager. En attendant, la candidate martèle que la justice a rendu leur liberté de vote aux électeurs. La classe politique, elle, retient son souffle.

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