Économie
Airbus réduit ses ambitions le rebond post-COVID s essouffle
La guerre en Iran et les tensions commerciales freinent la reprise du transport aérien. Airbus anticipe une demande d’avions légèrement moins forte sur…


La guerre en Iran et les tensions commerciales freinent la reprise du transport aérien. Airbus anticipe une demande d’avions légèrement moins forte sur les vingt prochaines années.
Le plus grand constructeur aéronautique mondial a revu ses prévisions à la baisse. Pas de grand bouleversement, mais un signal clair. La reprise après la pandémie de COVID-19 n’a pas tenu toutes ses promesses. « Cette reprise s’est pratiquement essoufflée », a expliqué le responsable de l’analyse de marché. Les tensions commerciales et la guerre en Iran ont refroidi les ardeurs. Les compagnies aériennes, face à la hausse du prix du pétrole, réduisent leurs plans de croissance. Résultat, Airbus prévoit désormais de livrer 42 060 avions de ligne entre 2026 et 2045. Cest 1% de moins que ses précédentes estimations. Une petite baisse, mais qui dit beaucoup sur l’état du marché. Cela concerne aussi bien les monocouloirs comme l’A320neo ou le Boeing 737 MAX que les gros-porteurs long-courriers.
Mais cette révision a un autre effet. Pendant des mois, les compagnies ont souffert de pénuries d’avions. Les délais de livraison s’allongeaient. Avec une demande un peu moins forte, ces tensions pourraient s’atténuer. Et les constructeurs, y compris Boeing ou le chinois C919, voient leur place se dessiner. Airbus note aussi que la part des avions livrés pour remplacer des appareils anciens augmente. Elle passerait de 45% à 47% des livraisons. Au lieu d’agrandir leurs flottes, les compagnies préfèrent renouveler leur matériel. C’est un signe de maturité. Le secteur a appris à encaisser les chocs, du 11 septembre à la crise financière. Mais plus il grossit, plus sa croissance ralentit mécaniquement. L’intelligence artificielle pourrait encore améliorer l’efficacité, mais elle ne change pas la tendance de fond.
Les régions ne sont pas toutes logées à la même enseigne. Le Moyen-Orient, notamment ses grands hubs du Golfe, continue de se redresser malgré un cessez-le-feu fragile en Iran. L’Inde reste le marché le plus dynamique, avec une croissance du trafic intérieur revue à la hausse à 9,1% par an. En revanche, la Chine, immense marché intérieur, voit ses prévisions de croissance abaissées de 5,4% à 4,7%. Airbus mise désormais sur les villes secondaires et les avions plus petits comme l’A220 et l’A321XLR. Ces appareils peuvent contourner les méga-hubs. Un virage stratégique. Il y a dix ans, le constructeur vantait encore les méga-hubs et son super-gros-porteur A380. Mais la demande pour ces géants a disparu. La production de l’A380 a été stoppée. Aujourd’hui, le futur de l’aviation se joue sur des trajets plus directs et des avions plus flexibles.
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