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Meta mise au pied du mur par la justice pour avoir pillé les articles de presse sans payer

L’Autorité de la concurrence ordonne à Facebook et Instagram de négocier enfin une rémunération avec les journaux français, après des mois de blocage. Une…

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Meta mise au pied du mur par la justice pour avoir pillé les articles de presse sans payer

L’Autorité de la concurrence ordonne à Facebook et Instagram de négocier enfin une rémunération avec les journaux français, après des mois de blocage. Une décision qui redonne un peu d’air à des médias en pleine tempête financière.

C’est un coup de tonnerre dans le monde numérique. Mercredi, l’Autorité de la concurrence a tranché en faveur de la presse française, estimant que Meta, le géant qui possède Facebook et Instagram, se rend coupable d’une « atteinte grave » en refusant de payer pour l’utilisation des articles de journaux. Le mécanisme des droits voisins, créé par une directive européenne en 2019, oblige pourtant les plateformes à rémunérer les éditeurs et agences de presse quand elles reprennent leurs contenus. Mais depuis fin 2024 et début 2025, Meta avait cessé de renouveler ses accords avec deux collectifs majeurs, l’Apig (Alliance de la presse d’information générale) et DVP (Droits voisins de la presse). Résultat, des centaines de quotidiens, magazines et l’AFP se sont retrouvés sans un centime, alors que leurs informations continuaient d’être diffusées sur les réseaux du groupe américain. L’Autorité a jugé que ce comportement pouvait constituer « un abus de position dominante ». Elle a donc ordonné à Meta de revenir à la table des négociations « de bonne foi », sous peine de sanctions. Un premier pas vers une possible amende, mais l’enquête de fond, elle, prendra encore plusieurs mois.

Concrètement, que va-t-il se passer maintenant Meta doit, sous quinze jours, fournir toutes les informations nécessaires aux éditeurs pour entamer des discussions transparentes. Les négociations devront couvrir la période allant de début 2025 à aujourd’hui, afin de réparer le préjudice financier subi par les médias. Car pour l’Autorité, ces pratiques « renforcent la situation de précarité d’une grande partie des éditeurs et agences de presse », qui perdent des ressources essentielles. Du côté de DVP, on parle d’un « signal fort ». Son président, Jean-Marie Cavada, a salué un « rappel à l’ordre ». Meta, de son côté, a répondu par un communiqué poli : l’entreprise dit ne pas être d’accord avec la décision, mais promet de « participer de manière constructive » aux échanges, tout en affirmant vouloir « parvenir à un accord équitable ». Un ton bien différent de celui adopté lors des précédentes batailles. Car la presse française a déjà gagné une guerre similaire contre Google, qui avait écopé d’une amende de 250 millions d’euros en mars 2024 pour les mêmes raisons. Cette fois, c’est Meta qui est dans le viseur, et l’affaire pourrait faire jurisprudence.

Mais au-delà de ce contentieux, un nouveau combat se dessine déjà pour les médias. L’intelligence artificielle pourrait devenir la prochaine source de conflit. Google a annoncé fin juin l’arrivée prochaine en France de ses résumés d’articles générés par IA, qui risquent de réduire le trafic vers les sites des journaux. La question des droits voisins n’est donc qu’un volet d’une lutte plus large pour la rémunération du travail journalistique à l’ère numérique. En attendant, la décision de mercredi redonne un peu de poids aux éditeurs face aux mastodontes de la tech. Reste à savoir si Meta jouera vraiment le jeu de la négociation, ou si cette bataille juridique s’étendra encore sur des années.

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