Planète
Une sous-estimation généralisée de la montée des océans expose des millions de personnes

Les projections actuelles sur l’élévation du niveau de la mer, fondées sur des modèles théoriques, négligeraient systématiquement la réalité physique des côtes, selon une nouvelle analyse. Cette divergence pourrait minorer considérablement l’étendue des risques et le nombre de personnes concernées.
Une vaste étude, publiée dans la revue Nature, révèle que les évaluations des risques côtiers à l’échelle mondiale reposent sur des bases potentiellement erronées. Les chercheurs ont comparé près de quatre cents publications scientifiques avec des données satellitaires précises mesurant la topographie côtière réelle. Leurs conclusions pointent un écart moyen de trente centimètres entre le niveau de la mer généralement retenu dans les modèles et la situation observée.
Cet écart s’expliquerait par l’usage quasi systématique, dans plus de neuf études sur dix, d’un modèle gravitationnel de la Terre, le géoïde. Ce dernier décrit une surface océanique idéale, en l’absence de tout phénomène dynamique. Il ne tient ainsi pas compte des effets des marées, des courants ou des vents, qui façonnent pourtant le niveau effectif de l’eau le long des littoraux. En certains points du globe, notamment en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, la différence pourrait atteindre plusieurs mètres.
Les conséquences de cette lacune méthodologique sont substantielles. Elle conduit à une sous-évaluation de l’exposition des populations et des infrastructures. Selon les auteurs, une révision des modèles indiquerait qu’une élévation d’un mètre du niveau de la mer, un scénario envisagé par le GIEC d’ici la fin du siècle, menacerait des surfaces terrestres jusqu’à 37% plus étendues que prévu. Le nombre de personnes résidant sous le niveau de la mer pourrait, dans ce cas, être supérieur de 68% aux estimations antérieures, soit potentiellement 132 millions d’individus supplémentaires.
Cette réévaluation impacterait directement la planification des politiques d’adaptation. La construction de défenses côtières ou les stratégies de relocalisation, calibrées sur des projections aujourd’hui remises en cause, pourraient se révéler insuffisantes. Les régions les plus vulnérables, comme les petits États insulaires du Pacifique déjà aux prises avec l’érosion et les submersions, se trouveraient en première ligne. Les scientifiques appellent donc à une mise à jour urgente des méthodologies utilisées pour évaluer les risques, afin de mieux anticiper les impacts de la montée des eaux.

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BRGM
4 mars 2026 at 20 h 00 min
Pour se faire une idée précise pour la France, il y a le site sealevelrise.brgm.fr/slr qui permet de zoomer et de régler l’augmentation de hauteur, mais entre autres l’érosion / dépôt de la côte n’est pas pris en compte.