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Un pape star à Paris, 600 000 fidèles attendus sur les Champs-Élysées

Léon XIV a remonté la plus célèbre avenue de Paris en papamobile samedi matin, sous les acclamations d’une foule immense, avant de célébrer une messe…

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Un pape star à Paris, 600 000 fidèles attendus sur les Champs-Élysées

Léon XIV a remonté la plus célèbre avenue de Paris en papamobile samedi matin, sous les acclamations d’une foule immense, avant de célébrer une messe géante place de la Concorde. Cette visite, la première d’un pape à Paris depuis 2008, soulève un enthousiasme qui déborde largement le cercle des croyants.

Souriant, installé dans sa papamobile, le souverain pontife a traversé une marée de visages tendus vers lui, bénissant des nourrissons au passage. Beaucoup avaient pris place des heures plus tôt pour ne rien manquer de ce moment. Direction la place de la Concorde, où se dresse une vaste structure provisoire autour d’un autel blanc que surplombe une croix de plusieurs mètres. La célébration doit démarrer en début d’après-midi et durer une heure et demie, retransmise sur des écrans géants pour ceux qui n’auront pas la chance d’apercevoir l’autel de près.

Jusqu’à l’avenue de la Grande Armée, au-delà de l’Arc de Triomphe, quelque 600 000 personnes sont attendues sur plus de deux kilomètres. Depuis le matin, la zone bouclée s’est remplie de familles équipées de sièges pliants et de tabourets, pendant qu’une dizaine de stations de métro fermaient et que des dizaines de cars déversaient des groupes venus de province. Marie-Hélène, arrivée de la banlieue parisienne, le prend avec le sourire. « Je ne verrai probablement rien mais c’est pas grave, l’essentiel c’est qu’on soit nombreux, de participer à la communion », confie-t-elle près de l’Arc de Triomphe. Place de la Concorde, où certains pique-niquent en patientant, Virginie Courtot, 51 ans, venue de Nanterre en famille, résume le climat. Pour elle, « le pape, c’est la star », une figure qui « parle à un public au-delà de la religion catholique » et remet « de la nuance et de la réflexion » dans une époque qui en manque. Sylvie Leclerc, enseignante de 51 ans descendue d’un car de Seine-Maritime, savoure elle aussi l’instant. « Les cathos, on ne les entend pas beaucoup, là on va faire du bruit ! Mais pour annoncer l’amour, la paix, la joie », lance-t-elle.

Au milieu de la foule, des militantes de Magdala, association féministe catholique, ont déroulé une banderole reprenant un verset de l’Évangile au féminin, « Heureuses celles qui ont soif de justice », pour réclamer que les femmes soient « pleinement accueillies » dans l’Église. Plusieurs figures politiques ont fait le déplacement pour assister à l’office, notamment les candidats à la présidentielle Edouard Philippe, Gabriel Attal et Marine Le Pen, cette dernière accompagnée de Jordan Bardella, ainsi que le Premier ministre Sébastien Lecornu, l’ancien président Nicolas Sarkozy et les présidents des deux chambres du Parlement, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher. Emmanuel Macron, qui avait reçu le pape la veille dès son arrivée puis à l’Élysée, n’était pas présent et s’est fait représenter par son épouse Brigitte.

Cette visite est la première d’un pape à Paris depuis 2008. Léon XIV a déjà pu jauger sa popularité la veille, en déambulant dans le centre de la capitale devant 300 000 personnes, puis en étant accueilli comme une vedette par 80 000 jeunes au Stade de France, à Saint-Denis. Le déplacement se poursuit dès samedi soir à Lourdes, avant Metz lundi. Un tel programme mobilise 17 000 bénévoles et 15 000 policiers et gendarmes, pour un budget de 27 millions d’euros.

Sa journée avait commencé à la Maison Bakhita, une association diocésaine d’aide aux migrants installée dans un quartier populaire du nord de Paris. Après avoir écouté des témoignages d’exilés afghan et nigérian, il a salué une maison qui prouve, selon lui, qu’il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix. Il a aussi prévenu que l’histoire de l’Église et de l’humanité ne s’écrit pas avec ceux qui donnent l’impression de vaincre en s’imposant et en occupant l’espace, mais avec ceux qui font de la place, instaurent des processus de paix, suscitent la confiance et encouragent la vie. Il a également insisté sur le rôle fondamental des femmes dans la construction d’une civilisation de l’amour. Petit-fils d’immigrés, Robert Francis Prevost, élu en mai 2025 et chef de 1,4 milliard de catholiques, défend régulièrement la dignité des exilés et des réfugiés, n’hésitant pas à critiquer la politique migratoire de Donald Trump. Il s’est enfin dit « émerveillé » par la hausse des baptêmes en France, dont il a rencontré certains nouveaux venus au siège historique de la Catho de Paris.

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