Monde
Touadéra reconduit à la tête de la Centrafrique par une large majorité


Le président sortant Faustin-Archange Touadéra remporte un nouveau mandat avec plus des trois quarts des suffrages, selon les résultats provisoires annoncés par les autorités électorales. Ce scrutin, dont l’opposition conteste la régularité, s’est déroulé dans un contexte sécuritaire marqué par une relative stabilisation du territoire.
L’Autorité nationale des élections a proclamé dans la nuit de lundi à mardi la victoire du chef de l’État sortant. Faustin-Archange Touadéra obtient 76,15 % des voix exprimées lors du vote du 28 décembre dernier. Son principal concurrent, Anicet-Georges Dologuélé, arrive en seconde position avec un score de 14,66 %. La participation s’est établie à 52,43 % pour ce quadruple scrutin combinant élections présidentielle, législatives, régionales et municipales.
Ces résultats provisoires interviennent dans un climat de contestation. Dès vendredi, le candidat Dologuélé avait revendiqué la victoire et dénoncé des irrégularités massives, des accusations immédiatement rejetées par le camp présidentiel qui les avait qualifiées de « fausses ». Un autre candidat, Henri-Marie Dondra, arrivé troisième, a pour sa part réclamé l’annulation pure et simple du processus électoral, pointant du doigt ce qu’il a décrit comme l’incapacité de l’organe électoral à organiser le vote.
La mission d’observation de l’Union africaine a, à l’inverse, salué le déroulement apaisé des opérations de vote. Son représentant a estimé que ce processus constituait une avancée démocratique, sans commune mesure selon lui avec les scrutins précédents de 2016 et 2020, et respectait les procédures légales. Une partie de l’opposition, qui avait appelé au boycott, dénonce quant à elle une « mascarade » et accuse les institutions, notamment l’autorité électorale et la Cour constitutionnelle, d’être inféodées au pouvoir.
Le président réélu avait axé sa campagne sur le thème de la stabilité, dans un pays historiquement miné par les conflits internes. Les analystes notent une nette amélioration de la situation sécuritaire, le gouvernement contrôlant désormais près de 90 % du territoire, contre environ 20 % il y a trois ans. Cette stabilisation, attribuée à la présence des forces onusiennes de la MINUSCA, à des accords de paix avec certains groupes armés et au déploiement de consultants militaires russes, a permis la tenue du scrutin.
Les défis socio-économiques restent cependant immenses pour une population dont plus des deux tiers vit sous le seuil de pauvreté, confrontée à un manque criant d’infrastructures et de services de base. Des poches d’insécurité persistent également, notamment dans les régions frontalières de l’est et du nord-ouest. Les résultats définitifs de l’élection présidentielle doivent être proclamés à la mi-janvier, après l’examen des éventuels recours.





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6 janvier 2026 at 6 h 09 min
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