Nous rejoindre sur les réseaux

Politique

Le ralliement de Darmanin à Philippe ravive la querelle des retraites

La nouvelle recrue d’Édouard Philippe affiche d’emblée ses désaccords sur l’âge de départ. Une campagne qui s’annonce plus compliquée que prévu pour le…

Article

le

Le ralliement de Darmanin à Philippe ravive la querelle des retraites

La nouvelle recrue d’Édouard Philippe affiche d’emblée ses désaccords sur l’âge de départ. Une campagne qui s’annonce plus compliquée que prévu pour le maire du Havre.

C’est un renfort de taille, et pourtant il arrive avec ses valises de désaccords. Gérald Darmanin a officiellement rejoint la campagne d’Édouard Philippe. Mais dès sa prise de parole, l’ancien ministre de l’Intérieur a recadré son champion sur un sujet sensible. Il se dit opposé à la retraite à 67 ans. Le problème, c’est que les équipes d’Horizons passent leur temps à répéter que leur candidat n’a jamais défendu un tel âge. Il y a quatre ans, pourtant, Édouard Philippe évoquait un report du départ possible à 65, 66 ou 67 ans. Une nuance que Gérald Darmanin semble avoir balayée.

Du côté d’Horizons, on refuse de voir un piège. Un responsable du parti glisse que l’arrivée de Gérald Darmanin est une manière de scénariser la campagne. Il pourra porter une vision plus sociale de la réforme des retraites. Et au passage, cela prouvera qu’Édouard Philippe n’est pas un bloc de granit. Le candidat, lui, promet de préserver les ouvriers, les salariés modestes et les indépendants. Un de ses porte-parole insiste sur la nécessité d’expliquer pourquoi il faudra travailler plus, tout en rappelant qu’un âge unique n’a pas de sens face à la pénibilité des métiers. Mais Gérald Darmanin ne s’arrête pas là. Il presse son ami d’en faire davantage sur l’immigration et de prouver qu’il sait rassembler. Sans cela, analyse le Garde des sceaux, le bloc central se retrouve troisième derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

L’ambition de rassemblement se heurte à un vieil ami. Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, est aussi un proche de Darmanin. Mais il a déjà fait savoir qu’il ne rejoindra pas le camp de l’ancien Premier ministre. S’il avait voulu une place, il serait ministre depuis dix ans, a-t-il lancé. Et il n’a pas quitté Macron pour rejoindre ses héritiers. Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons à l’Assemblée, préfère retenir la dynamique positive. Selon lui, l’essentiel est que le rassemblement continue. Gérald Darmanin a d’ailleurs prévu d’organiser sa propre rentrée à Tourcoing, avec Édouard Philippe à ses côtés. Plus de soixante parlementaires sont annoncés dans le Nord.

D’ici là, Édouard Philippe multiplie les étapes. Il commence sa rentrée à Mayotte, où la lutte contre l’immigration clandestine sera au menu de son séjour. Il évoquera aussi l’eau, l’économie et la reconstruction, un an et demi après le passage du cyclone Chido. Il enchaînera à La Réunion avant de participer à la rentrée du Medef le 27 août. Le 29 août, il débattra avec François Hollande lors de la rentrée du Laboratoire de la République, l’initiative de Jean-Michel Blanquer. Une rencontre qui a de quoi surprendre, entre un ancien chef de l’État socialiste et un candidat de droite. Côté Renaissance, l’entourage de Gabriel Attal ne cache pas son indifférence. Ce ralliement était attendu, Darmanin ayant déjà quitté le parti présidentiel. Un cadre y voit surtout la renaissance de l’UMP, dix ans après sa disparition. Les vieux réflexes ont la vie dure.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus