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Un ex-ministre de la Défense défie Zelensky sur le terrain des élections

Écarté du gouvernement, Mykhaïlo Fedorov sort du silence et réclame un scrutin en pleine guerre. Un pari politique risqué qui bouscule le consensus…

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Un ex-ministre de la Défense défie Zelensky sur le terrain des élections

Écarté du gouvernement, Mykhaïlo Fedorov sort du silence et réclame un scrutin en pleine guerre. Un pari politique risqué qui bouscule le consensus ukrainien.

Jeune, populaire, mais poussé vers la sortie. Mykhaïlo Fedorov n’est plus ministre de la Défense, et il l’a fait savoir. Dans une vidéo au format soigné, l’homme de 35 ans a ouvertement critiqué le pouvoir, dénoncé la corruption et appelé à organiser des élections. Pour lui, l’Ukraine traverse une crise systémique de gouvernance et la confiance du public s’effrite. Il l’a dit sans détour, l’éradication de la corruption est une question de survie. Son départ n’était déjà pas passé inaperçu, puisqu’il était entré en conflit avec le commandant de l’armée, lui-même remplacé peu après.

Ce coup de poker est tout sauf anodin. En Ukraine, le mandat de Volodymyr Zelensky est techniquement arrivé à terme, mais la loi martiale imposée depuis l’invasion russe bloque tout scrutin. Organiser un vote dans un pays en guerre relève du casse-tête. Il faudrait faire voter les soldats sur le front, les millions de réfugiés à l’étranger et les habitants des territoires occupés. Et surtout, l’idée ne séduit pas. Un récent sondage mené à Kiev montre que seuls 15% des Ukrainiens veulent des élections avant la fin de la guerre. Même après que Donald Trump a soulevé la question, Zelensky avait balayé l’hypothèse d’un vote en plein conflit.

Dans la rue, la sortie de Fedorov suscite autant de soutien que de doutes. Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à Kiev pour le défendre après son éviction. Certaines sont déçues. Ievguénia, une sympathisante, regrette de le voir passer du statut de gestionnaire à celui d’homme politique. Pour le politologue Volodymyr Fessenko, la vidéo envoie un signal clair. Fedorov tente de s’imposer comme le chef de l’opposition, sans viser Zelensky personnellement mais ce qu’il appelle le collectif Zelensky.

Un positionnement à contre-courant de l’opinion. Selon Anton Grouchetsky, directeur d’un institut de sociologie à Kiev, les Ukrainiens ne veulent pas de politique pour le moment. Ils veulent des patriotes qui se battent pour le pays. Mais alors que le conflit dure depuis plus de quatre ans, des frustrations montent. Les critiques reprochent à la présidence de ne plus écouter la société civile, un grief déjà entendu lors des rassemblements. Olga Rodionova, une manifestante de 43 ans, réclame un dialogue avec le pouvoir. Elle rappelle que c’est le peuple qui a élu Zelensky et que ce même peuple veut aujourd’hui être entendu.

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