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Des robots trient des colis et défient des humains au ping-pong dans un salon géant à Pékin

La Chine met les robots à l’honneur dans un immense salon à Pékin. Tri de colis, tennis de table, cuisine automatisée… la démonstration impressionne.

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Des robots trient des colis et défient des humains au ping-pong dans un salon géant à Pékin

La Chine met les robots à l’honneur dans un immense salon à Pékin. Tri de colis, tennis de table, cuisine automatisée… la démonstration impressionne.

Dans la capitale chinoise, des centaines d’entreprises exposent leurs dernières machines. Le grand rendez-vous de la robotique a attiré une foule nombreuse dès son ouverture. Les visiteurs passent d’une démonstration à l’autre, téléphone en l’air. Sur un stand, un humanoïde en tablier attrape délicatement un pilon de poulet en plastique. Ailleurs, une silhouette de cinq mètres de haut lève et baisse lentement les bras pendant que la foule observe. Un panneau interroge « Machine ou humain ? » et répond « L’avenir nous le dira ».

Derrière ce spectacle, il y a un pari industriel massif. Pékin fait de la robotique une priorité stratégique et les investisseurs misent sur l’IA physique, celle qui donne vie aux machines. Une investisseuse basée dans la capitale explique que l’objectif est de faire entrer les robots dans des centaines de secteurs et des milliers de foyers. Elle cite des machines capables de cuire des nouilles ou d’apporter un soutien émotionnel. Son fonds a été parmi les premiers à miser sur Unitree, aujourd’hui un champion chinois de la robotique. Le cours de son action a plus que quintuplé depuis l’introduction en bourse, signe de la confiance du marché.

Les progrès sont visibles d’une année sur l’autre. Un responsable portugais de parc scientifique dit avoir été frappé par les nouvelles mains mécaniques. Les machines peuvent désormais cueillir des fruits, ce qui était impossible l’an dernier, et il souligne les besoins énormes dans l’agriculture. Sur un autre stand, un robot prépare un sandwich en posant une feuille de salade entre deux tranches de pain. Plus loin, une vingtaine de curieux attendent la démonstration d’un chien robot guidé par un humain. Tout n’est pas parfait pour autant. Un humanoïde de la taille d’un enfant de dix ans joue au tennis de table mais doit rester connecté à Internet pour réagir. Sans bonne connexion, les réponses deviennent très lentes. Le personnel doit aussi surveiller les machines de près, comme lorsqu’un robot a failli heurter un enfant et qu’un employé s’est précipité.

Il y a aussi des obstacles politiques. Les entreprises chinoises font face à la méfiance des États-Unis et de l’Europe, dans un climat de rivalité stratégique. Le Pentagone a placé plusieurs sociétés du secteur sur une liste d’entités liées à l’armée chinoise. Washington a en outre interdit en juillet les importations de robots humanoïdes fabriqués à l’étranger, une mesure qui vise surtout la Chine. Pourtant, les regards changent. Une responsable d’une société produisant des robots domestiques et logistiques raconte que des clients européens, américains, japonais et sud-coréens viennent souvent visiter son entreprise. Derrière elle, des bras mécaniques poussent des paquets sur un tapis roulant.

Reste que la filière n’a pas encore vécu son grand basculement. Un dirigeant du secteur compare la situation à ChatGPT. Quand le grand public a découvert cette intelligence artificielle, l’effet a été immense. Pour les humanoïdes, cela n’est pas encore arrivé. Mais il estime qu’un moment comparable pourrait survenir d’ici trois ans. En attendant, le salon de Pékin montre une industrie en pleine ébullition, entre démonstrations bluffantes et limites bien réelles.

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