Monde
Téhéran, capitale paralysée sous les frappes aériennes

Les rues de la métropole iranienne sont désertes, ses habitants terrés chez eux ou partis, alors que les bombardements se poursuivent sur les centres névralgiques du pouvoir.
La vie s’est retirée de Téhéran. Dans une atmosphère de suspension angoissée, les quelques habitants demeurés sur place observent un confinement de fait, redoutant la survenue de nouvelles attaques aériennes. Le vacarme habituel de la circulation a cédé la place à un silence troublé seulement par le bruit lointain des explosions et les sirènes. Les artères habituellement saturées ne sont plus parcourues que par des véhicules de ravitaillement ou des patrouilles de sécurité.
Les impacts se sont concentrés sur des zones abritant des institutions gouvernementales, des bâtiments officiels et des infrastructures militaires. Des quartiers entiers du centre-ville portent les stigmates des raids, avec des immeubles éventrés et des façades soufflées. Au milieu d’un champ de ruines, le drapeau national a été dressé sur un amas de gravats, symbole de résistance face à la destruction. Non loin de là, une immense bâche à l’effigie du guide suprême récemment disparu recouvre un pan de mur.
Les autorités avaient pourtant invité la population à évacuer les lieux de manière ordonnée. Beaucoup ont suivi ces consignes, particulièrement dans les secteurs résidentiels aisés du nord, laissant derrière eux des rues quasiment fantomatiques. D’autres, par nécessité professionnelle ou par choix, sont restés. Ils décrivent des nuits passées à se protéger des ondes de choc, loin des fenêtres, dans la partie la plus sécurisée de leur logement. La difficulté de se tenir informé, en raison de perturbations des réseaux de communication, ajoute à l’incertitude générale.
L’activité économique est à l’arrêt. Les établissements commerciaux, des échoppes du grand bazar aux cafés à la mode, ont baissé leurs rideaux de fer. Seules quelques épiceries de quartier restent ouvertes, faisant face à un afflux de clients soucieux de constituer des réserves. Cette paralysie intervient à un moment traditionnellement crucial pour les commerçants, à l’approche des célébrations du Nouvel An persan, une période habituellement synonyme d’animation intense et de retrouvailles familiales.
Le conflit pousse également certains Iraniens à quitter le pays. Des familles, ayant initialement cherché refuge dans la capitale, entreprennent désormais de gagner les régions frontalières, dans l’espoir de trouver une issue à l’étranger. Ceux qui partent ou qui sont déjà partis éprouvent une vive inquiétude pour leurs proches restés sur place, souvent sans nouvelles en raison des coupures de communication. La ville, autrefois bouillonnante, vit au ralenti, dans l’attente d’une issue.

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