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Starmer face à la tempête Mandelson

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Le Premier ministre britannique, accusé d’avoir induit le Parlement en erreur, invoque un défaut d’information de son administration pour justifier la nomination controversée de l’ancien ambassadeur à Washington.

Keir Starmer a qualifié de « totalement inacceptable » le fait que son cabinet n’ait pas été informé de l’avis défavorable des services de renseignement concernant Peter Mandelson, avant sa nomination au poste d’ambassadeur aux États-Unis. Le chef du gouvernement, en déplacement à Paris, a assuré qu’il s’exprimerait lundi devant les députés pour « présenter tous les faits dans une transparence totale ». Cette déclaration intervient alors que les appels à sa démission se multiplient, tant dans l’opposition qu’au sein de son propre parti.

La révélation par *The Guardian* que le ministère des Affaires étrangères a accordé une habilitation de sécurité à M. Mandelson en janvier 2025, en dépit d’un veto des enquêteurs, a provoqué une onde de choc politique. En réaction, le plus haut fonctionnaire du ministère, Olly Robbins, a été limogé dans la soirée de jeudi. Cette décision a été interprétée par certains observateurs comme une manœuvre destinée à préserver l’autorité du Premier ministre, fragilisée depuis des mois par cette affaire.

L’opposition conservatrice et libérale-démocrate exige désormais le départ de Keir Starmer, l’accusant de « malhonnêteté délibérée » et d’avoir trompé le Parlement. Tenir des propos sciemment erronés devant les députés constitue en effet une faute grave dans le système parlementaire britannique. Le chef du gouvernement a toujours affirmé ignorer la nature exacte des liens entre l’ancien ministre et le financier américain Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019.

La crise survient à un moment délicat pour l’exécutif, à quelques semaines d’élections locales annoncées comme difficiles. L’affaire, qui avait contraint M. Starmer à présenter des excuses publiques en février, avait été temporairement éclipsée par les tensions internationales. Le gouvernement a réaffirmé son intention de publier l’intégralité des documents relatifs à cette nomination, après une première divulgation partielle en mars. Ces pièces avaient alors révélé que le Premier ministre avait été alerté du « risque réputationnel » associé à Peter Mandelson avant de le choisir.

Parallèlement, une enquête policière est en cours. Les forces de l’ordre ont perquisitionné deux domiciles de l’ancien ambassadeur en février, suite à la publication de nouveaux documents issus des dossiers Epstein. Ces éléments suggèrent que M. Mandelson aurait transmis au financier des informations sensibles pendant son passage au gouvernement, entre 2008 et 2010.

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