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Sophia Chikirou dénonce le calendrier politique de sa comparution pour escroquerie


La députée insoumise, candidate défaite à la mairie de Paris en 2026, a contesté mardi devant le tribunal correctionnel la réouverture d’une enquête qu’elle estime instrumentaliser à des fins politiques.
Sophia Chikirou a comparu seule à la barre, vêtue d’un jean gris et d’une veste à carreaux, dans une affaire où aucune partie civile ne s’est constituée. Un accord avait été trouvé depuis plusieurs années avec son ancienne webtélé Le Média pour mettre un terme aux poursuites. Pendant quatre heures, les débats sont restés courtois, mais la députée a fini par s’adresser directement à la procureure pour exprimer son incompréhension. Elle a estimé que la justice avait choisi délibérément le moment de sa candidature aux élections municipales pour ressusciter ce dossier, clos depuis cinq ans. Son avocat, Dominique Tricaud, a plaidé la relaxe en dénonçant un dossier conservé tel un poison politique prêt à être dégainé.
Les faits reprochés remontent à juillet 2018. À l’époque, Sophia Chikirou est accusée d’avoir tenté d’obtenir un virement de 67 146 euros du compte du Média vers sa société de conseil Mediascop, ainsi que d’avoir soustrait deux chèques. La question centrale de l’audience était de savoir si elle savait qu’elle venait d’être démis de ses fonctions de présidente de la société de production Le Média au moment d’effectuer ces démarches bancaires. L’examen des courriels, des SMS et des comptes rendus d’assemblées générales houleuses a offert une plongée dans les luttes internes qui déchiraient alors le média.
La procureure a estimé que, dès le 27 juillet 2018, date du rendez-vous à la banque, Sophia Chikirou savait qu’elle n’était plus présidente et qu’elle avait usurpé cette qualité pour demander le virement, finalement refusé. Elle a également évoqué des faisceaux d’indices concernant la soustraction des chèques. Tout en reconnaissant qu’il ne s’agissait pas de l’affaire du siècle et qu’un règlement amiable aurait été préférable, elle a requis une amende proportionnée au montant litigieux. Elle n’a pas demandé de peine d’inéligibilité, invoquant l’ancienneté des faits, leur gravité limitée et l’absence de victime constituée.
La défense a présenté l’affaire comme un simple différend commercial entre deux sociétés, sur fond de départ conflictuel de l’élue. Sophia Chikirou a affirmé n’avoir appris sa mise à l’écart que tard dans l’après-midi du 27 juillet, après son premier passage à la banque, par l’intermédiaire du psychanalyste Gérard Miller, cofondateur du Média. Son avocat a contesté la thèse de l’accusation selon laquelle la révocation aurait été décidée le 24 juillet et que tous les actes ultérieurs constituaient une escroquerie. La députée a exprimé son souhait de voir cette affaire se conclure, évoquant huit années de harcèlement médiatique et d’injures. Le jugement a été mis en délibéré au 8 juin.





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