Économie
Ramadan en Indonésie : Les commerçants traditionnels face à la débâcle
Malgré les espoirs placés dans la période sacrée, les boutiques physiques subissent de plein fouet la concurrence du numérique et la morosité économique.
À Tanah Abang, plus vaste marché textile d’Asie du Sud-Est, l’ambiance est loin des effervescences habituelles du ramadan. Les rideaux métalliques baissés et les écriteaux signalant des fermetures pour impayés se multiplient. Les commerçants, qui comptaient sur ce mois sacré pour redresser leurs finances, déchantent face à la domination croissante des plateformes en ligne et à un contexte économique difficile.
Toni Sar, vendeur depuis des décennies dans ce labyrinthe de boutiques, constate une chute de 50 % de son chiffre d’affaires par rapport à l’an dernier. Comme beaucoup, il peine à rivaliser avec les géants du e-commerce, qui captent une clientèle toujours plus nombreuse. Autrefois, les Indonésiens dépensaient sans compter à l’approche de l’Aïd-el-Fitr. Aujourd’hui, les portefeuilles se resserrent, et les habitudes d’achat ont basculé vers le numérique.
Ardino Putra, un autre marchand, voit ses revenus s’effriter d’année en année. Entre loyers élevés et charges fixes, la marge de manœuvre se réduit. « Nos ventes baissent, mais nos dépenses, elles, restent identiques », déplore-t-il. Les appels se multiplient pour une fiscalité plus stricte sur les ventes en ligne, accusées de concurrence déloyale.
Le gouvernement, emmené par le président Prabowo Subianto, promet une relance économique ambitieuse. Pourtant, les mesures d’austérité et la faiblesse de la roupie alimentent les inquiétudes. Les initiatives sociales, comme les cantines scolaires gratuites, grèvent un budget déjà tendu, suscitant mécontentement et manifestations.
Pendant ce temps, le commerce digital prospère. Des influenceuses comme Yaya Azmi capitalisent sur la tendance, écoulant des articles religieux via TikTok ou Telegram avec des marges bien plus attractives que celles des boutiques physiques. Face à cette révolution, l’adaptation semble inévitable. « La clientèle jeune privilégie le numérique. Les commerçants traditionnels doivent évoluer », souligne Shinta Kamdani, présidente d’une association patronale.
Malgré tout, certains, comme Toni Sar, refusent de jeter l’éponge. « Je dois tenir », murmure-t-il, entre détermination et résignation. Dans les allées de Tanah Abang, les stands vides racontent une histoire plus sombre, celle d’un modèle en sursis.
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