Monde
Procès du fils de la princesse de Norvège, une plaignante évoque une possible soumission chimique

Lors de la deuxième journée d’audience, une femme a déclaré être convaincue d’avoir été droguée avant les faits qu’elle dénonce. L’accusé, qui conteste les accusations les plus graves, doit s’exprimer prochainement.
Une des plaignantes dans le procès de Marius Borg Høiby a affirmé, mercredi, être persuadée à cent pour cent d’avoir été administrée d’une substance sans son consentement. Cette déclaration est intervenue alors qu’elle décrivait devant la cour d’Oslo les circonstances d’une soirée en décembre 2018. Les événements se seraient déroulés dans une résidence mise à sa disposition sur le domaine royal de Skaugum.
La jeune femme a expliqué avoir pris conscience des faits allégués seulement des années plus tard, lors d’une audition policière. Des éléments visuels saisis chez l’intéressé lui ont alors été présentés. Elle a décrit un sentiment de trahison et un choc à la découverte de ces documents, sur lesquels elle apparaît selon ses dires dans un état d’inconscience manifeste. Elle a évoqué un trou noir dans ses souvenirs de cette nuit, précisant ne pas se rappeler s’être endormie sur place.
L’avocat de la défense, Ellen Holager Andenæs, a rétorqué que la plaignante avait initialement indiqué le contraire concernant une éventuelle administration de produit. La stratégie de la défense consiste à soutenir que les relations intimes en question étaient consenties et ordinaires. L’avocate a par ailleurs pointé du doigt les mœurs d’un milieu où, selon elle, la consommation de substances, licites ou illicites, et la sexualité occupent une place importante.
L’accusé, âgé de vingt-neuf ans, fait face à trente-huit chefs d’accusation, dont quatre pour des faits qualifiés de viols. Il rejette les accusations les plus graves, qui pourraient mener à une peine allant jusqu’à seize années d’emprisonnement. Son audition, initialement prévue mercredi après-midi, demeurait incertaine. Il était apparu très agité la veille, et ses conseils n’ont pas confirmé sa capacité à comparaître.
Cette affaire judiciaire constitue une épreuve sans précédent pour la monarchie norvégienne. Le prince héritier Haakon et son épouse, la princesse Mette-Marit, mère de l’accusé, n’assisteront pas aux débats, dont la durée est estimée à sept semaines. Le palais a indiqué que la princesse reportait un déplacement à l’étranger. Elle fait par ailleurs face à d’autres défis personnels, notamment des questions concernant d’anciennes relations et la gestion d’une maladie pulmonaire chronique.

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