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Pourquoi l’Iran veut faire payer le détroit d’Ormuz
Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial, est au centre d’un conflit entre Téhéran et Washington. L’Iran veut instaurer un péage…


Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial, est au centre d’un conflit entre Téhéran et Washington. L’Iran veut instaurer un péage, une idée qui heurte le droit international et inquiète les marchés.
Le détroit d’Ormuz, c’est ce mince couloir d’eau entre l’Iran et Oman. Avec ses 50 kilomètres de large et ses faibles profondeurs, il ressemble à un entonnoir. Pourtant, c’est l’une des routes maritimes les plus vitales au monde. Chaque jour, près de 20 millions de barils de pétrole brut y circulent, soit un cinquième de la consommation planétaire. Du gaz naturel liquéfié en provenance du Qatar y transite aussi. Des îles stratégiques parsèment la zone, certaines occupées par l’Iran depuis 1971, offrant un poste d’observation sur tout le Golfe.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, l’Iran a verrouillé ce passage, provoquant une flambée des cours du pétrole. En juin, un accord avec les États-Unis a permis une réouverture timide. Mais Téhéran ne veut pas revenir à la situation d’avant. La guerre a ravagé son économie et ses infrastructures. Pour renflouer ses caisses, l’Iran parle désormais de faire payer les navires. Officiellement, il s’agit de frais de service ou d’une assurance, pas d’un péage. Un changement de vocabulaire qui pourrait être une tentative de rendre la demande juridiquement plus solide. Oman, de son côté, ne ferme pas la porte à une redevance, à condition qu’elle respecte le droit international.
Le droit maritime international est pourtant clair. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer garantit la liberté de navigation sans entrave dans les détroits internationaux. L’Iran ne l’a jamais ratifiée, mais ce principe est considéré comme une règle coutumière, selon des spécialistes. Imposer un paiement unilatéral serait contraire à cette règle. Les États-Unis l’ont déjà dit. Accepter un tel péage ouvrirait la porte à d’autres détroits dans le monde et créerait le chaos. Pour l’instant, la question reste en suspens, mais elle illustre à quel point ce mince détroit concentre les tensions géopolitiques et économiques de la planète.
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