Monde
Participation électorale en hausse pour les législatives irakiennes

Plus de la moitié des inscrits se sont rendus aux urnes lors du scrutin parlementaire, marquant un rebond significatif après le précédent record d’abstention.
Le processus électoral irakien a enregistré un taux de participation dépassant les 55 pour cent, selon les estimations de la commission électorale. Ce niveau contraste avec le précédent scrutin de 2021, qui avait atteint un minimum historique à 41 pour cent. Plus de douze millions d’électeurs ont exercé leur droit de vote parmi les vingt-et-un millions d’électeurs inscrits.
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte de stabilité relative après des années de conflits, bien que le pays continue de faire face à des défis structurels majeurs, notamment des infrastructures défaillantes et une corruption persistante. Malgré un climat général de scepticisme et l’appel au boycott lancé par le leader chiite Moqtada Sadr, de nombreux citoyens ont exprimé leur souhait de changement à travers leur bulletin de vote.
Plus de sept mille sept cents candidats, dont un tiers de femmes, se sont présentés pour les trois cent vingt-neuf sièges de l’Assemblée des représentants. Le système électoral, perçu comme favorisant les grandes formations politiques, n’a permis la candidature que de soixante-quinze indépendants. La loi prévoit qu’au moins un quart des sièges reviennent à des femmes, tandis que neuf sont réservés aux représentants des minorités.
Ce sixième scrutin depuis la chute de l’ancien régime ouvre la voie à la formation d’un nouveau gouvernement, selon le système de répartition confessionnelle en vigueur. Le poste de Premier ministre revient traditionnellement à un membre de la communauté chiite, tandis que la présidence de la République est attribuée à un Kurde et celle du Parlement à un sunnite.
L’actuel chef du gouvernement, Mohamed Chia al-Soudani, candidat à sa propre succession, pourrait obtenir un important bloc parlementaire sans toutefois atteindre la majorité absolue. Son élection en 2022 résultait du soutien d’une coalition de partis chiites proches de Téhéran.
L’absence du mouvement de Moqtada Sadr, qui avait remporté le plus grand nombre de sièges en 2021 avant de se retirer de l’Assemblée, modifie considérablement l’équilibre des forces. Le leader chiite a qualifié l’élection de « tronquée » et dominée par des intérêts sectaires.
La formation du prochain gouvernement nécessitera des négociations complexes entre les différentes factions, dans un pays qui maintient des relations délicates avec l’Iran et les États-Unis. Ces deux puissances suivent attentivement l’évolution politique de l’Irak, où Washington maintient une présence militaire tandis que Téhéran cherche à préserver son influence régionale. Les premiers résultats officiels sont attendus dans les vingt-quatre heures.

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