Nous rejoindre sur les réseaux

News

Paris se pare de jaune et blanc pour accueillir Léon XIV

Des milliers de fidèles ont pris place dans le centre de la capitale pour apercevoir le pape. Une déambulation de 2,5 kilomètres doit les conduire de…

Article

le

Paris se pare de jaune et blanc pour accueillir Léon XIV

Des milliers de fidèles ont pris place dans le centre de la capitale pour apercevoir le pape. Une déambulation de 2,5 kilomètres doit les conduire de Montparnasse à la place Saint-Michel.

Le jardin du Luxembourg n’a pas l’habitude de ce vacarme. Tout autour, une foule compacte agite des drapeaux français et vaticans, reprend en chœur des chants religieux. Un jeune guitariste d’une aumônerie de Vendée résume l’ambiance. « C’est incroyable d’être présent aujourd’hui », souffle-t-il, chargé de « donner de la joie à ceux venus voir le pape ». Des formations musicales essaiment sur tout le trajet. Le cœur de Paris vit au rythme de la papamobile.

Les rues empruntées par le cortège sont fermées à la circulation, les balcons et les trottoirs se couvrent des teintes jaune et blanche du Vatican grâce aux fanions distribués par les bénévoles. Le parcours relie l’église Notre-Dame-des-Champs, près de Montparnasse, à la place Saint-Michel, à deux pas de l’île de la Cité et de la cathédrale Notre-Dame. Sur le parvis de l’édifice, restauré à grands frais après l’incendie de 2019, des rangées de chaises blanches attendent déjà. Ce premier grand bain de foule parisien de Léon XIV doit durer un peu moins d’une heure, avec 250 000 personnes espérées sous un ciel bleu immaculé et des températures estivales. Aucun souverain pontife n’avait foulé le sol de la capitale depuis 2008. Des riverains ont même accroché des banderoles pour dire « merci » ou souhaiter la bienvenue au « pape Léon », à l’occasion de sa première visite en France depuis son élection en 2025.

Du côté de la place Edmond-Rostand, face au Panthéon, le public a investi les barrières dès l’ouverture des périmètres accessibles. Lydie Mouradian, 74 ans, retraitée du 18e arrondissement, veut croire à un message qui dépasse les seuls croyants. « J’espère qu’il va dire de bonnes paroles qui vont toucher au cœur de tous les Français », confie-t-elle, en souhaitant surtout qu’il « parle de la paix ». Anne, trentenaire et cheftaine scoute venue de banlieue, refuse de comparer la journée à un concert. « Ce n’est pas notre idole, ce n’est pas comme aller voir Céline Dion. C’est un guide pour nous qui délivre un message de paix dont on a bien besoin dans le monde d’aujourd’hui », explique-t-elle, occupée à tresser des bracelets brésiliens avec sa fille en attendant le passage du souverain pontife.

David Cahrton, 53 ans, agent qualité dans une usine, a quitté Mulhouse très tôt, croix franciscaine autour du cou. Pour lui, cette visite doit « nous encourager à vivre notre foi dans un pays laïque », la laïcité n’impliquant pas selon lui l’absence de religion dans l’espace public. Marion Desjars, 21 ans, étudiante en psychologie à Angers, a avalé 300 kilomètres pour « vivre un moment de cohésion de l’Église ». Elle aussi en uniforme scout, elle se réjouit par avance de la veillée des jeunes prévue au Stade de France, où 80 000 personnes sont attendues. Plus loin sur le trajet, Marie-Christine Bodard, 83 ans, a posé son tabouret portable. Elle attend de Léon XIV qu’il « nous remette les idées en place », dans un monde bousculé par les guerres et la technologie, et qu’il y remette « de l’éthique ».

Après Paris, le voyage se poursuivra à Saint-Denis, Lourdes et Metz, avec à chaque étape un dispositif de sécurité hors norme. La messe du samedi, portée par les orgues et les trompettes, doit constituer un autre temps fort. Mais d’ici là, c’est bien la rue qui occupe les esprits, entre chants qui montent vers Saint-Michel et envie de croiser, l’espace d’un instant, l’homme en blanc.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus