Europe
Min Aung Hlaing à New Delhi la main tendue de la junte birmane vers son voisin indien

Le chef de la junte birmane effectue sa première visite officielle en Inde depuis sa prise de fonction. De la stabilité régionale aux échanges commerciaux New Delhi affiche ses intérêts sans cacher ses inquiétudes.
Le général Min Aung Hlaing a posé le pied en Inde pour la première fois en tant que président de la Birmanie. À New Delhi, lundi, il a serré la main de Narendra Modi. Un moment très attendu. L’Inde veut bien jouer les médiateurs, mais elle ne fait pas l’impasse sur ses propres besoins. Le Premier ministre indien a réaffirmé son soutien au dialogue et à la paix en Birmanie. Un message adressé à un régime contesté, arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2021. Depuis, la Birmanie est plongée dans une guerre civile sanglante. L’armée birmane y affronte des groupes rebelles. Et l’Inde, qui partage 1 643 kilomètres de frontière avec son voisin, regarde cette instabilité de très près.
Derrière les déclarations officielles, les enjeux sont concrets. Un haut responsable indien a résumé la position de son pays. La paix en Birmanie n’est pas seulement une question humanitaire. C’est une nécessité sécuritaire pour les populations frontalières. Et un levier économique pour l’Inde, qui veut étendre son influence jusqu’en Asie du Sud-Est. Les échanges commerciaux entre les deux pays atteignent déjà 2 milliards de dollars. De quoi justifier une visite de cinq jours, bien plus qu’une simple poignée de main diplomatique.
Mais cette visite a aussi une dimension politique très calculée. Min Aung Hlaing a officiellement pris la présidence en avril, après des élections législatives largement décriées. Une manière, pour beaucoup, de donner un vernis civil à un régime militaire. Le nouveau président a allégé certaines mesures répressives. Un geste présenté comme une main tendue. Mais les observateurs y voient surtout une opération cosmétique. Pendant ce temps, la guerre continue sur le terrain. Et l’Inde, voisine et partenaire, tente de concilier ses intérêts économiques avec une réalité politique qui ne cesse de s’enliser.

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