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Culture

L’Opéra de Paris ouvre ses réserves de costumes au public

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Des centaines de passionnés se pressent à l’Opéra Bastille pour acquérir des costumes de scène uniques, datant des années 1960 à 2024.

Cinq mille pièces issues d’opéras et de ballets sont proposées à la vente jusqu’à dimanche dans une vaste salle modulable de l’Opéra Bastille. Vestes en velours, chemises, justaucorps, gilets et robes de toutes les époques sont alignés sur des portants, classés par production : « Les Indes galantes », « La Veuve joyeuse », « Samson et Dalila », « Les Capulet et les Montaigu » pour le lyrique, et « Siddharta », « Cendrillon », « Air », « Giselle » pour le ballet. Chaque ensemble porte les noms de grands metteurs en scène ou chorégraphes comme Robert Carsen, Jorge Lavelli, Saburo Teshigawara ou Angelin Preljocaj.

Parmi les visiteurs, Guillaume, 53 ans, chef d’entreprise, cherche des pièces de qualité pour ses soirées costumées. Il tient sous le bras un manteau des « Contes d’Hoffmann » et des tenues antiques de « Samson et Dalila ». Comme les 250 autres inscrits, il a réservé sa place à l’avance.

Christine Neumeister, directrice des costumes de l’Opéra de Paris, explique que ces vêtements proviennent de productions retirées du répertoire. Leur stockage coûte cher, d’où la nécessité de s’en séparer. L’opération permet aussi de donner une deuxième ou troisième vie à des pièces exceptionnelles.

Anne-Sophie Lehrmann, 35 ans, réalisatrice de fictions sonores, s’arrête devant de longues robes grises ayant servi dans « Eliogabalo », mis en scène en 2016. Elle est impressionnée d’accéder à des objets d’art ayant participé à la création d’une œuvre. Pouvoir en porter un, prolonger l’histoire d’un objet qui passe d’une production gigantesque à sa petite personne, lui semble fascinant.

Les prix s’échelonnent de 2 à 800 euros pour les pièces les plus remarquables, comme ces vestes en velours violet à manches en fausse fourrure léopard et galons dorés, portées par les chœurs d' »Hippolyte et Aricie » en 1996. Coralie Cadène, responsable du service patrimoine, souligne que ces costumes ont marqué l’histoire de l’opéra et nécessité des dizaines d’heures de travail.

Chaque année, l’Opéra fabrique mille cinq cents costumes neufs et en rénove trois mille pour les reprises. L’institution stocke environ cent mille costumes répartis entre l’Opéra Bastille, le Palais Garnier, les Ateliers Berthier et des sites en province. Les patrons et techniques de production sont conservés en interne pour des raisons patrimoniales, tandis que les costumes de solistes célèbres sont déposés au Centre national du costume de scène à Moulins.

Ce type de vente n’est pas rare dans les maisons de théâtre ou d’opéra. La Comédie-Française avait déjà déstocké des costumes en 2024 et 2025. À l’Opéra, la dernière vente remontait à 2017.

Casimir Thierry, 25 ans, amateur d’opéra, venait avec un objectif précis : trouver des pièces de « La Veuve joyeuse », une opérette qu’il avait beaucoup aimée. Pouvoir toucher ou acheter des costumes vus sur scène lui procure le plaisir d’emporter un petit morceau d’opéra chez lui.

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