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Europe

L’île d’Ischia, exemple du fléau de l’urbanisation illégale qui frappe l’Italie

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Ischia, l’île du sud de l’Italie frappée le 26 novembre par un glissement de terrain meurtrier, est victime de sa géographie et de la météo, mais aussi d’un phénomène massif d’urbanisation illégale qui touche de nombreuses régions du pays, et aggrave les risques de catastrophe, affirment experts et responsables politiques.

Le drame « d’Ischia est une tragédie annoncée qui a des causes et des responsabilités précises: une gestion irresponsable du territoire qui, avec l’accélération des effets du changement climatique, est devenue une bombe à retardement », a dénoncé la branche italienne du Fonds mondial pour la nature (WWF) au lendemain de la tragédie.

« C’est très hypocrite de pleurer les victimes maintenant tout en continuant à construire là où on ne devrait pas le faire », fustige l’ONG.

Selon des experts, l’urbanisation légale ou illégale, conjuguée au déboisement, empêche les sols d’absorber l’eau des précipitations, comme cela s’est produit à Casamicciola Terme, localité de l’île où de fortes pluies ont imprégné les terrains surplombant la station thermale et entraîné le glissement meurtrier.

Les constructions abusives sont un sujet récurrent de polémique de l’autre côté des Alpes, les catastrophes naturelles meurtrières qui frappent fréquemment la péninsule étant régulièrement associées à ce fléau.

« Le phénomène triste et répandu des constructions abusives est, dans la mesure où il est la cause, ou l’une des causes des catastrophes, un sujet que l’on ne peut plus éviter », a admis jeudi le ministre de la Protection civile Nello Musumeci.

C’est encore plus vrai à Ischia, île d’origine volcanique de la baie de Naples dont les sols sont particulièrement instables.

« 49% du territoire d’Ischia est classé à haut ou très haut risque de glissement de terrain, avec plus de 13.000 personnes habitant dans ces zones », a expliqué mercredi le ministre de l’Environnement Gilberto Pichetto Fratin.

Chiffre plus inquiétant encore: 93,9% des communes italiennes sont à risque de glissement de terrain, d’inondation ou d’érosion de la côte, selon le dernier rapport de l’Institut supérieur pour la protection et la recherche sur l’environnement (ISPRA).

« Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste pour comprendre que les constructions illégales représentent un multiplicateur de risques qui va bien au-delà des personnes qui y habitent », selon le WWF.

« Clinique suisse »

Face aux constructions anarchiques, la solution la plus souvent choisie en Italie est l’amnistie. Mais la procédure est si longue et compliquée qu’il faut souvent plusieurs années pour obtenir une réponse de l’administration.

Rien qu’à Ischia, ce sont 27.000 demandes d’amnistie qui ont été déposées ces dernières années, selon les médias.

Et quand la justice décide finalement de démolir une construction abusive, ses occupants trouvent souvent des moyens pour contourner la décision.

Cité par le quotidien turinois La Stampa, Aldo De Chiara, un procureur de Naples retraité, spécialisé dans la lutte contre les constructions illégales, décortique les stratagèmes utilisés.

Les occupants d’une maison illégale « faisaient venir les enfants de toute la famille, au sens large, car la présence de mineurs justifie le renvoi de la destruction », raconte-t-il.

Autre technique employée: les forces de l’ordre lorsqu’elles arrivent « trouvent dans les pièces illégales, la véranda ou la salle à manger, des malades reliés à des perfusions comme dans une clinique suisse ».

Pour Sergio Piro, un hôtelier de 47 ans qui gère trois établissements dont un à Casamicciola Terme, les constructions illégales ne sont qu’une partie du problème.

« Quand il y a un glissement de terrain dans le nord de l’Italie, on parle de changement climatique, quand il y en a un dans le sud, on parle de constructions illégales », explique-t-il à l’AFP.

« Il est vrai qu’il y a des constructions illégales, mais dans ce cas précis c’est un pan de montagne qui s’est détaché car il n’y a pas eu de travaux de prévention, notamment d’entretien des canaux de drainage », relève-t-il.

« J’ai entendu un énorme bruit quand ce torrent de rochers et de terre a frappé les premières maisons », tempère l’hôtelier, qui tient à souligner que le reste de l’île d’Ischia, qui vit essentiellement du tourisme, fonctionne tout à fait normalement.

Europe

Julian Assange libre après un accord avec la justice américaine

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Julian Assange libre après un accord avec la justice américaine

Le fondateur de WikiLeaks, poursuivi pour avoir révélé des centaines de milliers de documents confidentiels, a conclu un accord de plaider coupable avec la justice américaine, mettant fin à cinq ans de détention provisoire au Royaume-Uni.

« Julian Assange est libre. » Le fondateur de l’organisation WikiLeaks a quitté le Royaume-Uni, où il était détenu depuis 2019, lundi 24 juin. Le lanceur d’alerte a négocié un accord de plaider coupable avec la justice américaine, qui réclamait son extradition. Il était poursuivi pour avoir divulgué, à partir de 2010, plus de 700 000 documents confidentiels concernant les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

L’Australien de 52 ans a embarqué dans un avion privé à l’aéroport de Stansted pour comparaître devant un tribunal fédéral des îles Mariannes, territoire américain du Pacifique. Il est désormais poursuivi pour « complot pour obtenir et divulguer des informations relevant de la défense nationale » et devrait plaider coupable de ce seul chef. Il devrait être condamné à 62 mois de prison, déjà purgés en détention provisoire à Londres, ce qui lui permettrait de regagner libre son Australie natale.

Cet accord met un terme à une saga de près de 14 ans. Julian Assange se battait pour ne pas être livré à la justice américaine, qui le poursuit pour avoir rendu publics des centaines de milliers de documents confidentiels, dont une vidéo montrant des civils, dont deux journalistes de l’agence Reuters, tués par les tirs d’un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007. En vertu de la loi sur l’espionnage, il encourait en théorie jusqu’à 175 ans de prison.

Le gouvernement australien a également commenté ce dénouement en estimant que l’affaire Assange avait « traîné en longueur depuis trop longtemps » et que son maintien en détention ne présentait plus aucun intérêt. « Beaucoup se sont servis de la situation de mon fils pour promouvoir leur propre cause », a réagi Christine Assange, la mère de Julian Assange, dans un communiqué. « Je suis reconnaissante que le calvaire de mon fils touche enfin à sa fin. Cela montre l’importance et le pouvoir de la diplomatie discrète. »

Julian Assange avait été arrêté par la police britannique en avril 2019 après sept ans passés dans l’ambassade d’Equateur à Londres afin d’éviter son extradition vers la Suède dans une enquête pour viol, classée sans suite la même année. Sa complice, la militaire américaine Chelsea Manning, à l’origine de cette fuite massive, avait été condamnée en août 2013 à 35 ans de prison par une cour martiale, mais avait été libérée au bout de sept ans après la commutation de sa peine par le président Barack Obama.

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Europe

Grèce : un feu d’artifice tiré depuis un yacht provoque un feu de forêt

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Grèce : un feu d'artifice tiré depuis un yacht provoque un feu de forêt

Un feu d’artifice lancé depuis un yacht a déclenché un important incendie de forêt sur l’île grecque d’Hydra, vendredi soir. Plusieurs personnes ont été interpellées.

L’incident s’est produit vendredi soir sur l’île d’Hydra, lorsque 17 touristes étrangers à bord d’un yacht loué ont tiré un feu d’artifice, provoquant un incendie dans l’unique forêt de pins de l’île. Malgré leurs tentatives d’éteindre le feu, ils ont dû appeler les pompiers avant de quitter la zone.

Treize membres grecs de l’équipage du yacht ont été arrêtés et devront être traduits en justice. Ils risquent de lourdes amendes, voire des peines de prison. Pour déterminer les circonstances exactes de l’incident, les garde-côtes grecs ont demandé des informations sur les navires présents dans la zone au moment de l’incendie. Cela les a conduits au yacht « Persefoni I », qui a été confisqué à la demande du procureur.

Selon le ministre grec du Changement climatique et de la protection civile, Vassilis Kikilias, 300 hectares de forêt ont été détruits par le feu. Six avions et deux équipes de gardes forestiers ont été mobilisés pour éteindre l’incendie, ce qui a détourné des ressources cruciales des opérations d’extinction dans d’autres régions du pays.

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Économie

Économie : La France parmi les pays visés par des procédures disciplinaires de l’UE pour déficit excessif

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Économie : La France parmi les pays visés par des procédures disciplinaires de l'UE pour déficit excessif

La Commission européenne proposera aux États membres d’ouvrir des procédures disciplinaires contre sept pays, dont la France, la Belgique et l’Italie, qui ont un déficit excessif.

La Commission européenne se prépare à recommander l’ouverture de procédures disciplinaires contre sept États membres de l’Union européenne, y compris la France, pour avoir dépassé le seuil de déficit public autorisé. Cette mesure, qui concerne également la Belgique, l’Italie, la Hongrie, Malte, la Pologne, et la Slovaquie, devrait être formellement proposée aux autres membres de l’UE le 16 juillet, selon des sources européennes.

Ces pays ont enregistré en 2023 un déficit supérieur à 3 % du produit intérieur brut (PIB), limite imposée par le Pacte de stabilité et de croissance de l’UE. La règle européenne stipule que tout État membre dépassant ce seuil doit réduire son déficit d’au moins 0,5 point de pourcentage par an. En cas de non-conformité, les pays risquent théoriquement des sanctions financières correspondant à 0,1 % de leur PIB annuel. Pour la France, cela pourrait se traduire par une amende de 2,5 milliards d’euros, bien que de telles sanctions n’aient jamais été appliquées jusqu’à présent.

À Bercy, l’annonce de la Commission est accueillie avec sérénité. Le ministère de l’Économie affirme que cette démarche était anticipée et qu’elle ne devrait pas être interprétée comme un indicateur négatif de la santé économique de la France. « C’est une procédure tout à fait normale et prévisible. On s’y attendait et surtout cela ne veut pas dire que la situation économique française est mauvaise, au contraire, » a déclaré un porte-parole du ministère.

Le ministère souligne également que les perspectives économiques de la France sont vues de manière positive par la Commission européenne, qui devrait confirmer cette vision dans ses prochaines communications. Cependant, Bercy admet que « tout peut changer à partir du 7 juillet », en référence aux résultats des élections et leur impact potentiel sur la politique économique française.

Cette décision intervient dans un contexte où plusieurs pays européens luttent contre des déficits croissants exacerbés par les récentes crises économiques et sanitaires. La pandémie de COVID-19 et les tensions géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine, ont mis à rude épreuve les finances publiques de nombreux États membres.

La Commission européenne, qui a temporairement assoupli les règles budgétaires pendant la pandémie, signale par cette initiative un retour à une discipline fiscale plus stricte dans l’espoir de stabiliser l’économie européenne et de préserver la confiance dans l’euro.

Les discussions au sein du Conseil européen sur les recommandations de la Commission seront cruciales pour déterminer la suite des événements, y compris la possibilité de négociations pour des plans de réduction de déficit sur mesure ou, le cas échéant, l’application de sanctions financières.

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