Économie
L’État exige des comptes sur les empiètements du chantier de l’A69

_**Les préfets de Haute-Garonne et du Tarn ont formellement sommé le concessionnaire de l’autoroute de justifier des dépassements de l’emprise autorisée, confirmant ainsi les alertes répétées des opposants au projet.**_
Les autorités préfectorales ont officiellement reconnu l’existence d’écarts par rapport au périmètre du chantier défini dans l’autorisation environnementale. Dans un communiqué publié mardi, elles indiquent avoir constaté ces dépassements sur plusieurs secteurs, sans pouvoir encore en déterminer l’ampleur exacte ni les conséquences supplémentaires. Elles ont enjoint la société concessionnaire, Atosca, de présenter un examen complet du tracé et de fournir toutes les explications nécessaires avant le 8 décembre.
Cette demande intervient après que le principal collectif d’opposants, La Voie est libre, a rendu publique une analyse signalant l’artificialisation d’au moins quarante-deux hectares au-delà des surfaces prévues. Des éléments que les services de vérification de Radio France avaient pu corroborer. Le collectif a immédiatement réagi en soulignant que cette situation remettait en cause les garanties de surveillance du chantier, souvent présenté comme exemplaire. Il estime que l’ampleur des modifications constatées exigerait une nouvelle procédure d’autorisation environnementale, et non de simples régularisations administratives.
De son côté, la concessionnaire a fait savoir par l’intermédiaire d’une porte-parole qu’elle répondrait à la demande de l’État et fournirait tous les éléments pour attester de la conformité des travaux avec les autorisations en vigueur. Les préfets rappellent pour leur part que si des ajustements en cours de projet sont envisageables, ils doivent impérativement être déclarés. L’administration se réserve alors le droit de vérifier qu’ils n’altèrent pas significativement le chantier et que leurs impacts sur l’environnement restent maîtrisés.
Le directeur général d’Atosca a été saisi par le préfet du Tarn. Les services de l’État réclament une cartographie précise des surfaces concernées, les raisons de ces empiètements, ainsi qu’un bilan environnemental avant et après les travaux. Ils demandent également la liste des mesures de remise en état ou de compensation déjà engagées ou prévues. Les préfectures ont précisé qu’elles n’hésiteraient pas, le cas échéant, à utiliser tous les instruments juridiques à leur disposition, pouvant aller jusqu’à imposer des compensations supplémentaires.
Ce projet autoroutier de cinquante-trois kilomètres entre Toulouse et Castres cristallise, depuis le début des travaux au printemps 2023, une opposition multiforme. Manifestations, recours en justice, grèves de la faim et occupations de sites ont fait de ce chantier un symbole national des mobilisations écologistes contre les infrastructures considérées comme incompatibles avec les impératifs de la transition climatique.

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